Dans le cadre de la modernisation de son aviation navale, la Marine indienne envisageait d’équiper ses 26 Rafale Marine (Rafale M) du radar à antenne active (AESA) « Uttam », développé localement. Cependant, ce projet rencontre désormais une opposition de la part de Dassault Aviation, constructeur français du Rafale.

D’après des sources proches du dossier, Dassault a alerté sur les défis liés à l’intégration du radar Uttam AESA, mis au point par l’Organisation indienne de recherche et de développement pour la défense (DRDO). L’avionneur estime que cette intégration nécessiterait environ trois années de tests et de certifications, ainsi que des mises à jour majeures de l’ordinateur de mission du Rafale. Face à ces contraintes techniques et temporelles, la Marine indienne aurait donc renoncé à son insistance sur le radar Uttam, privilégiant finalement l’installation du radar RBE2 AESA fourni par Thales.

Cette décision souligne les difficultés auxquelles se heurte l’équilibre entre adoption de technologies nationales et respect des délais opérationnels et budgétaires. Dassault met en avant la fiabilité et la maturité du système Thales RBE2, déjà éprouvé sur la flotte Rafale, tandis que le choix initial de l’Uttam AESA s’inscrivait dans une volonté de renforcer l’écosystème de défense local.

Au-delà du simple choix technologique, cette situation reflète les enjeux stratégiques indiens entre autonomie industrielle et impératifs militaires immédiats. Le radar AESA est un élément clé permettant aux Rafale M d’assurer leur mission de supériorité aérienne et de surveillance maritime dans un environnement de plus en plus complexe.