David Petraeus, général américain à la retraite, a exhorté le Royaume-Uni à devenir le premier pays occidental majeur à réorganiser ses institutions de défense en intégrant les enseignements tirés de la guerre en Ukraine. Son intervention, prononcée devant la Chambre des Lords le 1er septembre, souligne que la nature de la guerre évolue rapidement et nécessite plus qu’une simple modernisation conventionnelle.
Le Royaume-Uni, dont la reconnaissance précoce de la menace russe et le soutien continu à l’Ukraine illustrent une clarté stratégique, se trouve en position de leader pour impulser une transformation plus large au sein de l’OTAN. Selon Petraeus, l’Ukraine agit comme un laboratoire militaire du XXIe siècle, où la combinaison inédite de capteurs, logiciels, systèmes sans pilote, guerre électronique, armes de précision et adaptation industrielle modifie radicalement la conduite des opérations.
Cette révolution ne se concentre pas seulement sur des technologies individuelles telles que l’intelligence artificielle, les capacités cybernétiques ou les systèmes de gestion de bataille, mais sur une nouvelle conception globale de la guerre, intégrant une collecte et un traitement de l’information à vitesse jamais vue, avec une innovation commerciale directement appliquée sur le champ de bataille.
Le général Petraeus a salué la récente Revue stratégique de défense et le Plan d’investissement défensif britanniques qui anticipent ces changements en mettant l’accent sur les systèmes autonomes, l’IA, la guerre électronique et la réforme des acquisitions, tout en insistant sur le fait que ces mesures doivent être vues comme le début d’une transformation, non son aboutissement. Selon lui, la vraie rupture nécessite d’abord de nouvelles idées et une remise en cause des hypothèses établies, au-delà des seuls moyens financiers.
Petraeus a également appelé à une réorganisation profonde de l’OTAN, notamment de ses états-majors opérationnels, pour adopter une compréhension commune de ce nouveau paradigme guerrier. Seules des structures, une formation militaire professionnelle, une politique du personnel, un engagement industriel et une incorporation efficace des leçons de terrain adaptés permettront de mener cette transformation. Il conclut que cette mutation est déjà en cours dans plusieurs régions, mais que le choix reste entre mener ce changement ou le subir.
