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Plusieurs bombardiers américains B-1B Lancer ont effectué des frappes d’entraînement près du Venezuela le 27 octobre, lors d’une « démonstration d’attaque par bombardier », selon les autorités. Il s’agit de la troisième mission de ce type menée ce mois-ci.

Cette opération s’inscrit dans une série d’exercices de frappe à longue portée dans la région des Caraïbes, dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Caracas.

Les B-1B ont survolé à environ 32 kilomètres des côtes nord du Venezuela, ce qui constitue la distance la plus proche atteinte jusqu’à présent par des bombardiers américains. Les données de suivi des vols en source ouverte ont confirmé leur présence, indiquant que le Pentagone n’a pas cherché à dissimuler cette opération. Selon des responsables militaires américains, cette démonstration visait à tester la préparation opérationnelle tout en adressant un signal de dissuasion tant au gouvernement vénézuélien qu’aux réseaux criminels régionaux.

Cette mission fait suite à des vols antérieurs impliquant des bombardiers B-52H Stratofortress du 2nd Bomb Wing basés à la base aérienne de Barksdale en Louisiane. Ces appareils, opérant aux côtés de chasseurs F-35B Lightning II des Marines le 15 octobre, avaient également réalisé une « démonstration d’attaque par bombardier » au large des côtes vénézuéliennes.

Les autorités américaines indiquent que ces vols relèvent de l’entraînement de routine dans la zone de responsabilité du commandement sud des États-Unis, tout en précisant qu’ils servent aussi à afficher la puissance militaire américaine face à une instabilité accrue dans la région. Ces opérations interviennent alors que les forces américaines renforcent leur présence dans les Caraïbes, invoquant la hausse du trafic de stupéfiants et les préoccupations sécuritaires liées au gouvernement vénézuélien.

Le B-1

Le B-1B Lancer constitue l’épine dorsale de la force américaine de bombardiers à longue portée, conçu pour transporter la plus importante charge utile conventionnelle au sein de l’arsenal de l’US Air Force. Il peut délivrer rapidement d’importantes quantités d’armes de précision ou non partout dans le monde et est régulièrement employé pour des frappes sensibles dans le temps. Sa mission actuelle se concentre sur la frappe conventionnelle à longue distance et l’intégration avec des forces alliées aériennes.

Le fuselage combine une voilure à géométrie variable et un corps d’aile intégré, associé à des moteurs turbofans à postcombustion, offrant un rayon d’action étendu, une grande vitesse et une excellente maniabilité tout en améliorant la survie en zone hostile. L’avion utilise une configuration d’ailes déployées vers l’avant pour les phases de décollage, d’atterrissage et de ravitaillement en vol, puis une position reculée en vol de combat pour maintenir des vitesses subs et supersoniques. Le B-1B allie une charge utile conséquente à de longues capacités de stationnaire, un radar avancé et un système de contrôle de tir numérique pour opérer au sein de formations mixtes.

Les équipements embarqués comprennent un radar à synthèse d’ouverture, un système de navigation inertielle aidé par GPS et une connectivité Link-16, permettant le ciblage précis, l’engagement de cibles mobiles et l’échange sécurisé de données avec les centres de commandement. Ses systèmes de défense électroniques intègrent brouillage, avertisseur radar, contre-mesures jetables et leurre remorqué, renforçant ses capacités à pénétrer des espaces aériens contestés. Des mises à jour régulières visent à améliorer la robustesse du radar, l’intégration en cockpit et le remplacement des composants électroniques obsolètes afin de maintenir la pertinence de l’appareil.

Mis en service au milieu des années 1980, après un programme prototype B-1A dans les années 1970, le B-1B a vu sa mission nucléaire retirée dans les années 1990 pour devenir un bombardier lourd exclusivement conventionnel. L’appareil détient plusieurs records de vitesse et de charge utile et a été largement employé dans les conflits récents, assurant une part importante des munitions de précision déployées par la coalition au cours des trente dernières années.