Plus de 12 000 participants ont assisté à la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies, où 189 États membres se sont exprimés depuis le célèbre pupitre en marbre vert, dont 124 chefs d’État et de gouvernement. Ce rassemblement souligne à la fois la gravité des défis mondiaux actuels et les possibilités d’action collective.
New York, 1er octobre 2025
Plus de 190 dirigeants mondiaux ont pris la parole lors de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale, illustrant l’importance toujours cruciale de l’ONU comme une véritable « assurance-vie » pour de nombreux pays en développement, a déclaré la présidente de l’AGNU, Annalena Baerbock, ce mercredi 1er octobre.
Lors d’une conférence de presse marquant la clôture du débat général annuel, elle a souligné que la forte participation – 189 pays, parmi lesquels 124 chefs d’États – témoigne du fait que le monde continue de considérer l’ONU comme le forum unique pour traiter des enjeux planétaires.
« Si quelqu’un doutait encore de la pertinence de cette organisation, il lui suffisait de voir à quel point la salle était comble », a-t-elle déclaré.
Une focalisation sur la paix et la sécurité
Les nombreux conflits en cours ont dominé les échanges à l’intérieur de la salle de l’Assemblée générale, avec des interventions qui ont évoqué les guerres persistantes à Gaza, en Ukraine, au Soudan et dans d’autres régions.
La présidente Baerbock a rappelé que la paix et la sécurité sont constamment liées aux Objectifs de développement durable (ODD), insistant sur le fait que « sans progrès sur l’Agenda 2030, une paix durable ne pourra être atteinte ».
Elle a également mis en avant la crise climatique comme la menace majeure du siècle, un défi qui nécessite une coopération mondiale renforcée. Plusieurs dirigeants ont souligné que l’échec à agir ne doit pas être imputé à l’ONU elle-même, mais à la volonté collective des États membres.
La présidente de l’Assemblée a décrit l’ONU comme un lieu de « débats vifs sur des sujets brûlants », précisant que ces échanges témoignent de la vitalité de l’organisation, et non d’une faiblesse.
Appels en faveur de réformes
Les réformes de l’ONU, notamment du système financier mondial et du Conseil de sécurité, ont été un autre thème majeur, régulièrement évoqué dans les discours et lors des rencontres bilatérales.
Annalen Baerbock a exhorté les dirigeants à porter ces discussions dans leurs parlements nationaux : « Il est une chose de prononcer un discours aux Nations unies, mais lorsque l’on retrouve les débats dans son parlement, cela peut paraître différent. »
Quelques chiffres clés
La 80e session de l’Assemblée générale s’est ouverte sous le thème « Mieux Ensemble : 80 ans et au-delà pour la paix, le développement et les droits humains ».
194 orateurs se sont succédé au pupitre : 189 des 193 États membres de l’ONU, trois observateurs (Palestine, Saint-Siège et Union européenne), ainsi que le Secrétaire général António Guterres et Annalena Baerbock.
Seules 24 dirigeantes féminines ont pris la parole, ce qui constitue néanmoins une légère progression par rapport à 2024.
Par ailleurs, le Secrétaire général a tenu 148 réunions bilatérales et prononcé 20 discours. Plus de 3 300 journalistes étaient présents à New York pour couvrir cette 80e session.
Construire l’avenir ensemble
Au-delà des discours officiels, conférences et événements parallèles ont abordé des sujets urgents tels que la régulation de l’intelligence artificielle ou la lutte contre les maladies non transmissibles.
Des experts de la société civile, des ministres et des représentants de la jeunesse ont participé à des débats francs, illustrant selon Mme Baerbock le rôle essentiel de l’ONU dans la construction du futur.
Elle a évoqué des moments de solidarité, comme la commémoration du 30e anniversaire de la Déclaration de Beijing sur les droits des femmes, durant laquelle « une dirigeante féminine s’exprimait à la suite d’une autre ».
« Cette semaine a compté, a-t-elle affirmé. Nous continuons à travailler sans peur, sans relâche, dans l’esprit de notre campagne annuelle Mieux Ensemble. »
« Maison de la diplomatie et du dialogue » : l’ONU conclut une semaine de haut niveau riche en appels à la paix, à l’action climatique et à la réforme
L’Organisation des Nations unies reste « la maison de la diplomatie et du dialogue » dans un monde divisé, a souligné la présidente de l’Assemblée générale en clôturant la session, en appelant les États à transformer l’élan de cette semaine en actions concrètes pour la paix, le climat et la réforme institutionnelle.
Durant six jours, 189 États membres ont pris la parole depuis ce pupitre emblématique, parmi lesquels 124 chefs d’État et de gouvernement, soulignant tant la gravité des défis mondiaux que les possibilités offertes par une action collective.
« Si cette semaine de haut niveau est un indicateur, cette maison remplit bien sa mission – l’ONU reste pertinente », a déclaré Annalena Baerbock à l’Assemblée.
« Le véritable test est de savoir si nous agissons. »
Paix et conflits
Les conflits prolongés ont dominé le débat, de Gaza à l’Ukraine en passant par le Soudan, suscitant des appels répétés à des mesures urgentes pour protéger les civils et arrêter la violence.
La présidente Baerbock a souligné le rôle central de la Charte des Nations unies pour résoudre pacifiquement les différends, mettant en garde sur le coût du non-respect de ses principes.
« Quand des bombes tombent sur des civils, quand la famine est utilisée comme arme, quand la souveraineté est piétinée par la force, c’est la crédibilité de cette Organisation qui est en jeu », a-t-elle alerté, appelant à traduire le momentum diplomatique en mesures concrètes pour Gaza.
Elle a réitéré l’appel à un « cessez-le-feu immédiat, à une augmentation de l’aide humanitaire pour les civils, à la libération immédiate des otages restants », ainsi qu’à un nouvel élan en faveur de la solution à deux États.
La crise climatique ne s’arrêtera pas
Les délégations ont également tiré la sonnette d’alarme sur le changement climatique et le compte à rebours pour atteindre les Objectifs de développement durable.
« Des dizaines de délégations ont évoqué les impacts du changement climatique et l’horloge qui tourne pour respecter les ODD d’ici 2030 », a rappelé la présidente de l’Assemblée. « Cette horloge ne s’arrête pas pendant que nous sommes ici, dans cette salle. »
« La crise climatique est bien réelle et ne s’arrêtera pas si on la nie », a-t-elle ajouté, soulignant une note encourageante : « Rien que l’an dernier, les investissements dans les énergies renouvelables ont atteint 2 000 milliards de dollars. »
Cependant, elle a averti que « nous ne sommes toujours pas là où il faudrait, et le financement reste un obstacle majeur. »
Réforme et renouveau
La réforme institutionnelle a été un thème récurrent. Mme Baerbock a pointé les propositions du Secrétaire général comme une voie concrète pour renforcer la capacité de l’ONU à agir efficacement.
Selon elle, le rapport sur la mise en œuvre des nouveaux mandats, le budget révisé et d’autres propositions de réforme offrent « un chemin concret pour rendre cette institution meilleure, plus forte, plus efficace et adaptée à sa mission ».
« Il ne s’agit pas uniquement de réduire les budgets, mais de renforcer les capacités d’action. Il s’agit des priorités. »
Regard vers l’avenir
Pour conclure, Annalena Baerbock a évoqué la création de l’ONU au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et sa mission « d’épargner aux générations futures le fléau de la guerre ».
« Puissions-nous être inspirés par l’héritage de notre passé… et oser bâtir un avenir meilleur, ensemble. Sans peur. Sans faiblir. Unis. »