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La démission de John Healey de son poste de secrétaire à la Défense, liée au financement du Plan d’investissement en défense, constitue « un moment grave » que le gouvernement doit prendre avec la plus grande attention, affirme le président du comité de la Défense de la Chambre des communes.

Dans un communiqué publié jeudi, le comité a salué le départ de John Healey. Son président, le député travailliste de Slough, Tan Dhesi, a rendu hommage à l’ex-secrétaire à la Défense en le qualifiant de « titulaire sérieux, engagé et respecté » qui avait « pleinement compris l’ampleur des menaces pesant sur le Royaume-Uni » ainsi que l’urgence de renforcer les forces armées. Les membres du comité, a ajouté Tan Dhesi, reconnaissent son attachement au personnel militaire et « sa détermination à défendre la cause de la défense ». « Nous le remercions pour son service. »

Le poids de ce communiqué réside surtout dans l’analyse portée sur les raisons de cette démission. « Qu’un secrétaire à la Défense d’une telle intégrité et d’un tel engagement se soit senti contraint de démissionner en raison de l’insuffisance du projet de financement proposé constitue un moment grave », a souligné Tan Dhesi. « Le gouvernement doit prendre cet avertissement avec la plus grande sérieux. »

Le comité a également réaffirmé sa position sur le cœur du débat : le niveau des dépenses. Tan Dhesi a rappelé qu’il était clair que l’investissement en matière de défense « doit être accéléré pour atteindre 3 % du PIB d’ici la fin de ce Parlement », objectif que John Healey avait lui-même fixé dans sa lettre de démission. Par ailleurs, le Plan d’investissement en défense « ne peut être retardé davantage ni utilisé pour dissimuler des choix difficiles ». Ce plan « doit être abordable, réalisable, intégralement financé, avec des calendriers crédibles et un contrôle parlementaire rigoureux ». Il a insisté sur le fait que les forces armées, l’industrie de défense, les alliés « comme les adversaires », « doivent voir le Royaume-Uni aligner ses moyens sur ses engagements en matière de sécurité nationale ».

Le communiqué inscrit donc la principale instance parlementaire chargée du contrôle de la Défense aux côtés de John Healey sur la question centrale du conflit. Ce dernier avait écrit au Premier ministre jeudi, estimant que le plan budgétaire présenté lundi après-midi était un « recours excessif » aux financements différés, n’atteignant que 2,68 % du PIB en 2030, loin des 3 % qu’il revendiquait, et qu’il entraînerait des décisions « susceptibles de rendre le pays moins sûr ».