À la suite de l’Opération Sindoor menée par l’Inde en mai 2025, qui a neutralisé des drones et missiles pakistanais visant des sites civils et religieux, une narrative singulière s’est développée au sein des cercles de défense pakistanais, notamment portée par l’ancien ambassadeur Zamir Akram. Dans une longue critique des analyses occidentales de l’opération, Akram affirme que l’Inde aurait censuré les images satellites de ses bases aériennes afin de dissimuler les dégâts causés par des frappes pakistanaises.
Cette affirmation, largement moquée par la communauté de la défense indienne, ravive un schéma familier de désinformation pakistanaise, rappelant l’après-balakot de 2019, lorsque le Pakistan avait accusé l’Occident de supprimer des preuves d’un F-16 abattu. La réalité, soulignent les analystes indiens et les spécialistes de l’intelligence open source (OSINT), est beaucoup plus simple : on ne trouve guère de preuves de dégâts majeurs car ceux-ci ont été minimes, voire inexistants.
Une affirmation infondée sur la suppression des images satellites
Le texte d’Akram, largement diffusé dans les médias pakistanais, soutient qu’un poids géopolitique renforcé par l’accord tacite des puissances occidentales et même de la Chine permettrait à l’Inde de bloquer l’accès d’images satellites commerciales et gouvernementales des bases de l’Indian Air Force (IAF) prétendument touchées pendant Sindoor. Cette thèse a suscité un vif scepticisme en ligne, où des commentateurs militaires indiens sur des plateformes comme X (ex-Twitter) ont ironisé : « L’Inde est tellement puissante qu’elle a empêché les satellites chinois, américains et russes de révéler les dégâts sur ses bases aériennes, mais n’a pas pu empêcher le magazine Caravan de publier ses habituels ragots. » D’autres ont raillé : « Le ‘fer Biradar’ pakistanais, la Chine, n’a pas fourni d’images des pertes indiennes, tout en exhibant commodément celles des bases pakistanaises. Curieux. » Cette moquerie souligne une réalité plus large : l’absence d’images crédibles reflète l’absence de dommages significatifs, et non une quelconque conspiration.
La stratégie rhétorique rappelle celle adoptée par le Pakistan après l’attaque de Balakot en 2019, où il avait accusé des « amis puissants occidentaux » de cacher la destruction d’un F-16. En 2025, le scénario s’inverse : Islamabad prétend que les alliés occidentaux de l’Inde, ainsi que la Chine et la Russie, conspireraient pour dissimuler les pertes subies par l’IAF. Cette « salade de mots », selon un analyste OSINT indien, élude la réalité opérationnelle : les frappes de représailles pakistanaises, principalement exécutées par drones et missiles, ont été efficacement interceptées par les défenses aériennes indiennes, notamment les systèmes S-400, Barak-8 et Akash, comme le confirment les évaluations indiennes et indépendantes.
Le fallacieux argument des images satellites
L’idée qu’un pays puisse censurer à l’échelle globale les images satellites est, comme l’a résumé un utilisateur de X, « du charabia digne d’un diplomate à demi-lettré ». Plus d’une douzaine de pays, dont la Chine, la Russie, la Turquie et Israël, exploitent des satellites à très haute résolution – souvent inférieure au mètre. Par ailleurs, des entreprises commerciales telles que Planet Labs, Maxar et Capella Space démocratisent largement l’accès aux images satellites et publient régulièrement des photos de zones de conflit, accessibles contre rémunération. « Si les bases aériennes indiennes avaient subi des dégâts importants, ces images auraient inondé X depuis longtemps », remarque un passionné de défense, faisant référence au flot d’images open source dévoilant les frappes sur les bases aériennes pakistanaises pendant Sindoor, jamais contestées par Islamabad.
La thèse pakistanaise repose sur l’absence d’images montrant des pistes cratérisées ou la destruction d’équipements à Pathankot ou Ambala. Toutefois, cette absence corrobore le compte rendu officiel indien : les frappes préventives et les défenses robustes ont empêché les munitions pakistanaises d’atteindre les points clés. En parallèle, les satellites chinois, souvent partagés avec Islamabad dans le cadre de leur « partenariat tous temps », ont rapidement mis en lumière les dégâts subis par les bases pakistanaises telles que celle de Sargodha, ce qui interroge sur l’incapacité ou le refus de Pékin de fournir des preuves similaires concernant l’Inde. « Si la Chine, avec ses satellites Gaofen-7, avait quoi que ce soit, ce serait déjà sur Weibo », ironise un commentateur indien, soulignant la partialité du récit pakistanais.
Au comble de l’absurde, la narrative pakistanaise met en opposition l’hypothétique capacité indienne à museler les opérateurs de satellites mondiaux avec son incapacité à faire taire la presse intérieure, comme le magazine Caravan, reconnu pour ses reportages controversés souvent non vérifiés sur les opérations militaires indiennes. « L’Inde ne peut pas empêcher un torchon en faillite d’imprimer n’importe quoi, mais serait capable de supprimer massivement des images étatiques et commerciales ? Faites réfléchir. » Cette contradiction révèle la faiblesse fondamentale de l’argument d’Akram, qui esquive ainsi la réalité des failles pakistanaises révélées par Sindoor.
Ce débat met en lumière un phénomène plus profond : la désinformation utilisée comme mécanisme de défense. L’armée pakistanaise, mise en difficulté par l’asymétrie exposée lors de Sindoor — où les Rafale indiens équipés de missiles Scalp-E et des défenses intégrées surpassaient largement les vieillissants F-16 et JF-17 pakistanais — s’appuie sur des théories conspiratives pour détourner la critique interne. La prétendue « animosité russe à l’encontre du Rafale » (due à l’orientation indienne vers l’avion français plutôt que les Sukhoï Su-30) ajoute à la confusion, alors que Moscou reste discret sur Sindoor, probablement en raison de ses préoccupations liées à l’Ukraine et de ses relations militaires avec New Delhi.
Comme l’a résumé un analyste indien : « Il est difficile de trouver des preuves pour des événements qui n’ont pas eu lieu. » L’absence d’images satellites démontrant des dégâts sur les bases de l’IAF n’est pas un signe d’omnipotence indienne, mais une preuve de l’incapacité pakistanaise à infliger des pertes notables. Les défenses aériennes indiennes, renforcées par le renseignement en temps réel fourni par les AWACS et des satellites comme RISAT-2B, ont assuré une neutralisation rapide des menaces, tandis que les frappes offensives ont gravement affecté l’infrastructure de la PAF, comme en témoignent les images largement diffusées. De leur côté, les MiG-29K de la Marine indienne et les missiles BrahMos basés à terre ont également perturbé les lignes logistiques pakistanaises, un fait que l’État pakistanais choisit de ne pas évoquer.