Des bombardiers B-1B de l’US Air Force ont survolé Riga, en Lettonie, à basse altitude, accompagnés de chasseurs alliés dans un vol en formation destiné à démontrer la préparation et la solidarité de l’OTAN. Cette mission s’inscrit dans le cadre du Bomber Task Force Europe, une série de déploiements réguliers visant à tester la capacité de l’alliance à opérer de manière coordonnée à travers le continent.
Les appareils ont survolé le Monument de la Liberté, un symbole national situé en plein cœur de Riga, soulignant ainsi l’engagement de l’OTAN envers la défense collective dans la région baltique. Les forces aériennes américaines en Europe et en Afrique ont déclaré que cet exercice « démontrait la capacité des forces aériennes de l’OTAN à opérer ensemble, partout et à tout moment ».
Officiellement présentée comme un exercice de préparation de routine, cette démonstration est largement perçue comme un signal stratégique de dissuasion. Au regard de la proximité de la Lettonie avec la Russie et des tensions régionales persistantes, ce déploiement réaffirme la capacité de l’OTAN à projeter rapidement sa puissance aérienne sur son flanc est.
Le B-1
Le B-1B Lancer constitue l’épine dorsale de la force de bombardiers longue portée américaine, conçu pour transporter la plus grande charge utile conventionnelle de l’inventaire de l’US Air Force. Il peut déployer rapidement des quantités massives d’armes de précision ou non, partout dans le monde, et est régulièrement utilisé dans des missions de frappe à haute réactivité. Aujourd’hui, son rôle principal porte sur la frappe conventionnelle à longue portée et l’intégration des frappes avec les forces aériennes alliées.
Sa cellule associe un fuselage à voilure mixte, des ailes à géométrie variable et des turboréacteurs à postcombustion, offrant à la fois longue portée, grande vitesse et maniabilité, tout en améliorant la survivabilité. Les ailes sont déployées vers l’avant pour le décollage, l’atterrissage et le ravitaillement en vol, tandis que la position reculée est adoptée pour la configuration de combat principale, en vol subsonique rapide ou supersonique. Le B-1B combine une charge utile importante avec des temps de maintien en vol prolongés, un radar avancé et un système de contrôle de tir numérique qui lui permettent d’évoluer au sein de formations mixtes.
Les capteurs et réseaux embarqués comprennent un radar à synthèse d’ouverture, un système de navigation inertielle assisté par GPS et une connectivité Link-16, qui assurent une capacité de ciblage précis, d’engagement de cibles mobiles et un échange sécurisé de données avec les centres de commandement. Ses systèmes défensifs intègrent des dispositifs de brouillage électronique, un avertisseur radar, des contre-mesures jetables ainsi qu’un leurre remorqué, renforçant ses capacités à pénétrer des espaces aériens contestés. Des améliorations continues ciblent notamment la résistance du radar, l’intégration du cockpit et le remplacement des équipements électroniques obsolètes afin de maintenir la plateforme à la pointe.
Entré en service au milieu des années 1980, suite à un programme prototype B-1A dans les années 1970, le B-1B a vu sa mission nucléaire retirée dans les années 1990. Il opère désormais exclusivement comme bombardier lourd conventionnel. Cet appareil détient de nombreux records de vitesse et de charge utile, et a été largement employé dans les conflits récents, délivrant une part importante des munitions de précision coalitions au cours des trente dernières années.