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Les forces armées américaines déploient des drones de surveillance au-dessus de la bande de Gaza afin d’appuyer les efforts de localisation des otages, révèlent deux responsables du Département de la Défense ainsi qu’une analyse récente. Cette implication indique que les États-Unis jouent un rôle plus actif que ce qui était initialement supposé.

Les appareils utilisés sont des MQ-9 Reapers pilotés par les forces des Opérations Spéciales américaines. Ils ont été repérés pour la première fois samedi sur Flightradar24, un site de suivi de vols accessible au public. Selon des représentants du Pentagone, ces drones sont toutefois en opération dans la région depuis les jours qui ont suivi l’attaque surprise du Hamas contre Israël le 7 octobre.

Bien qu’Israël réalise fréquemment des missions de reconnaissance aérienne au-dessus de Gaza, c’est la première fois, selon des sources militaires américaines, que des drones non habités des États-Unis sont engagés dans cette zone.

Ces survols interviennent à un moment crucial : Israël en est aux premières phases de son invasion terrestre à Gaza et affirme que le Hamas détient plus de 240 otages, parmi lesquels dix ressortissants américains seraient retenus.

Les drones de surveillance, non armés, ne soutiennent pas directement les opérations terrestres israéliennes. Deux responsables du Département de la Défense précisent que leur mission principale consiste à aider à repérer les otages, à surveiller des signes de vie et à transmettre des informations potentielles aux Forces de Défense Israëliennes (FDI).

Depuis l’attaque du 7 octobre, l’armée américaine apporte une aide militaire à Israël, incluant la livraison de munitions et d’artillerie, ainsi que le déploiement de deux porte-avions et de plusieurs centaines de soldats au Moyen-Orient. Quelques dizaines de commandos américains ont été envoyés en Israël pour conseiller sur les opérations de libération des otages. Le recours aux drones de surveillance laisse cependant penser que le Pentagone s’engage désormais plus directement dans cette mission clé des FDI.

Les vols sont concentrés dans le sud de Gaza, à environ 24 kilomètres de la tête de pont israélienne au nord de la bande. Amelia Smith, chercheuse en aviation qui suit ces missions, estime qu’au moins six MQ-9 différents participent à l’effort. Plusieurs de ces appareils ont été observés survolant Gaza durant environ trois heures, à des altitudes comprises entre 7 300 et 8 000 mètres.

Le MQ-9 Reaper a été conçu comme le premier drone « chasseur-tueur » de l’US Air Force, mais il est principalement utilisé pour des missions de reconnaissance grâce à ses capteurs sophistiqués et sa capacité à stationner au-dessus d’une zone pendant plus de 20 heures en continu. Cet appareil a été employé pour des frappes aériennes et la collecte de renseignements en Irak, en Afghanistan et en Syrie. Le MQ-9 est exploité par de nombreuses armées à travers le monde, mais pas par Israël.

Ce drone de General Atomics peut évoluer à une altitude d’environ 15 000 mètres et rester en vol plus de 27 heures, collectant des informations à l’aide de caméras haute définition, de capteurs et de radars avancés. Il possède une envergure de 20,12 mètres, est propulsé par un moteur Honeywell, transporte près de 1 770 kg de carburant et atteint une vitesse maximale de 444 km/h.

En service dans l’US Air Force depuis 16 ans, le Reaper peut également être équipé d’armements, notamment de missiles air-sol.

Outre l’armée américaine, le MQ-9 est utilisé par le Department of Homeland Security des États-Unis, la NASA, la Royal Air Force britannique, ainsi que par les forces aériennes italienne, française et espagnole.

Riley Melen et Eric Schmitt