Des frappes menées par drone et roquettes ont fait neuf morts parmi les membres d’un groupe armé de l’opposition kurde iranienne dans la région du Kurdistan irakien, vendredi, a annoncé le parti en exil, qui accuse l’Iran d’être à l’origine de l’attaque.
À Erbil, la capitale du Kurdistan, la coalition menée par les États-Unis contre les groupes djihadistes a abattu plusieurs drones, tandis que des journalistes d’AFP ont entendu de fortes explosions dans la ville.
Ces attaques, que le gouvernement kurde attribue également à Téhéran, surviennent dans un contexte de montée des tensions militaires entre les États-Unis et l’Iran, deux alliés majeurs de l’Irak.
Durant le conflit au Moyen-Orient, la région du Kurdistan, qui accueille des troupes américaines, des compagnies pétrolières étrangères ainsi que des rebelles kurdes iraniens exilés, a été une cible régulière des attaques iraniennes et de groupes armés irakiens pro-Iran.
Idriss Kohlwazi, porte-parole du Parti Komala du Kurdistan iranien en exil, a déclaré à l’AFP : « Le régime iranien a attaqué à 4h30 du matin (1h30 GMT) par le biais de drones et de roquettes un camp. »
Les frappes ont tué neuf membres du parti dans leur camp situé près de la ville de Souleimaniyeh, a-t-il précisé.
Plus tard, une autre frappe a touché un autre camp appartenant à des rebelles kurdes, blessant deux combattants, selon Amjad Panahi, également membre du Komala.
Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu en avril, l’Iran a continué ses frappes contre les groupes d’opposition kurdes, que Téhéran accuse de servir les intérêts occidentaux et israéliens.
Vendredi, l’attaque a représenté la plus importante escalade, ces groupes ayant en grande partie évacué leurs bases et camps depuis le déclenchement du conflit.
Les attaques iraniennes
À Erbil, les forces kurdes de contre-terrorisme ont indiqué que « les forces de la coalition ont abattu huit drones chargés d’explosifs entre 4h19 et 5h25 du matin (1h19 à 2h25 GMT) », sans faire état de dégâts ni de victimes.
Plus tard, un responsable de la sécurité kurde a indiqué que cinq drones supplémentaires avaient été interceptés.
Erbil abrite un important complexe consulaire américain ainsi qu’un aéroport où sont stationnés des conseillers militaires attachés à la coalition dirigée par Washington.
Par ailleurs, une frappe a visé vendredi un dépôt d’armes des forces kurdes dans le nord de l’Irak, selon une source militaire kurde.
« Un missile a touché un dépôt d’armes des Peshmergas dans la ville de Tasluja », près de Souleimaniyeh, a déclaré l’officier sous couvert d’anonymat, puisque non autorisé à parler aux médias.
La frappe a provoqué un important incendie dans la zone, mais aucune victime n’a été à déplorer.
Le Premier ministre de la région autonome du Kurdistan irakien a dénoncé vendredi « les attaques injustifiées de la République islamique d’Iran contre la région du Kurdistan ».
Le bureau de Masrour Barzani a appelé à « cesser cette escalade » tout en exhortant le gouvernement fédéral irakien et la communauté internationale à mettre fin à ces violations.
Mercredi soir, la coalition avait déjà abattu huit drones au-dessus d’Erbil. Des journalistes d’AFP avaient rapporté que les drones avaient été détruits par la défense aérienne près du consulat américain, première cible des attaques durant ce conflit régional.
Aucune organisation n’a revendiqué ces attaques à Erbil.
Durant le conflit au Moyen-Orient, les groupes armés pro-Iran opérant sous la bannière de la Résistance islamique en Irak ont mené plus de 600 attaques contre des installations américaines dans le pays, en appui à Téhéran.