Des hélicoptères de la Marine américaine sont intervenus en mer Rouge à la suite d’un appel de détresse d’un navire danois, coulant trois navires utilisés par des rebelles houthis yéménites lors de la dernière escalade de violence dans cette région stratégique.
Le Maersk Hangzhou, un porte-conteneurs danois immatriculé à Singapour, a lancé un appel de détresse tôt ce matin, 31 décembre, selon l’heure de Sanaa, signalant une attaque par quatre embarcations. Ces derniers ont été mis à l’eau depuis des zones contrôlées par les houthis au Yémen, selon le Commandement central américain (CENTCOM). Les petits bateaux ont tenté de s’approcher à moins de 20 mètres avant d’ouvrir le feu avec des armes légères sur le Maersk Hangzhou, poussant l’équipe de sécurité privée à bord à riposter.
L’USS Dwight D. Eisenhower, un porte-avions déployé dans la zone avec son groupe aéronaval, ainsi que le destroyer USS Gravely, ont dépêché des hélicoptères pour répondre à l’appel. Après que les rebelles aient tiré sur les hélicoptères américains, ces derniers ont riposté, coulant rapidement trois des quatre embarcations insurgées, entraînant la mort de leurs occupants, tandis que la quatrième a fui.
Aucun membre du personnel américain n’a été blessé, et aucun hélicoptère n’a subi de dégâts. CENTCOM n’a pas communiqué le nombre exact de victimes chez les houthis, ni le nombre d’hélicoptères engagés ou la durée précise des combats.
Quelques heures avant cette intervention, le Maersk Hangzhou avait déjà lancé un premier appel de détresse le 30 décembre, signalant qu’un missile tiré depuis le Yémen avait touché le navire dans le sud de la mer Rouge, vers 20h30 locale. Malgré le projectile, aucun blessé n’a été recensé et le porte-conteneurs a poursuivi sa navigation. L’USS Gravely et l’USS Laboon se sont dirigés vers sa position. En chemin, l’USS Gravely, destroyer guidé de classe Arleigh Burke, a abattu deux missiles balistiques anti-navires lancés depuis le Yémen vers la mer Rouge. Aucune victime n’a été signalée et le Maersk Hangzhou a continué sa route malgré cette tentative d’attaque.
Ces deux incidents à l’encontre du Maersk Hangzhou constituent les 23e et 24e attaques attribuées aux houthis dans la mer Rouge et le golfe d’Aden depuis la mi-octobre. Cette voie maritime, reliant le canal de Suez à la mer d’Arabie, figure parmi les plus fréquentées au monde. Si les blessures restent rares parmi les équipages des navires commerciaux ciblés, et que souvent missiles et drones n’ont pas atteint leur but, les attaques ne cessent pas. Un général houthi a déclaré que l’objectif est d’interrompre le transit commercial à destination ou en provenance d’Israël, alors que le pays est engagé dans le conflit à Gaza.
Les agressions continuent en dépit de l’annonce récente d’une coalition multinationale, dirigée par les États-Unis, visant à garantir la liberté de navigation dans les eaux entourant le Yémen. Plus d’une douzaine de pays y participent, mais la majorité des moyens militaires sont américains. Ces attaques ont perturbé le trafic maritime régional, poussant plusieurs compagnies à envisager des itinéraires alternatifs au passage par la mer Rouge.
L’USS Dwight D. Eisenhower et son groupe aéronaval ont été déployés au Moyen-Orient en octobre, en réponse à la montée des tensions et des violences régionales qui ont suivi l’attaque terroriste du 7 octobre contre Israël par le Hamas, puis la riposte israélienne.
Cette année, l’armée américaine a multiplié les déploiements de troupes, navires et aéronefs dans la région pour répondre aux attaques répétées sur les voies maritimes stratégiques. Cet été, après plusieurs incidents impliquant des navires iraniens dans le détroit d’Hormuz, plusieurs bâtiments de la Marine et une unité expéditionnaire de Marines ont été envoyés dans la région, avec de nouveaux renforts arrivés ces deux derniers mois.