Une récente enquête menée par Cyabra révèle qu’une campagne d’influence soutenue par l’État iranien est à l’origine de milliers de publications sur les réseaux sociaux concernant l’indépendance écossaise et le Brexit.
Selon le rapport, « 26 % des profils traitant de l’indépendance écossaise étaient faux, publiant plus de 3 000 messages en seulement six semaines ». Ces comptes étaient intégrés aux débats en ligne en diffusant des messages pro-indépendance et anti-Brexit, tout en ciblant des institutions telles que la BBC et le Parti travailliste avec des accusations de partialité.
Le rapport qualifie cette opération de « campagne de désinformation cachée en pleine lumière ». Cyabra a identifié que le réseau utilisait des images de profils générées par intelligence artificielle, du jargon écossais ainsi que des slogans émotionnels tels que « Another very good reason for #ScottishIndependence » et « Brexit betrayal ». Des hashtags comme #ScottishIndependenceASAP, #BBCLies ou #LabourLies étaient systématiquement relayés par plusieurs comptes qui interagissaient entre eux pour créer une impression de consensus.
Cyabra estime que cet effort coordonné a « généré plus de 224 millions de vues potentielles et plus de 126 000 interactions d’utilisateurs ».
Le réseau de bots a été mis au jour en juin, lorsqu’après une frappe sur le réseau électrique iranien, des centaines de faux comptes ont soudainement cessé toute activité. « Tous en même temps, les faux profils ont arrêté de publier. Pendant plus de deux semaines, ils ont disparu – aucun post, aucun bruit, un silence digital total », note le rapport. À leur retour, dix-six jours plus tard, leur discours avait basculé en faveur de la défense de l’Iran et en moquant l’Occident.
Ce tournant a renforcé les soupçons d’une orchestration étatique. Le rapport précise : « Cette coupure coordonnée – suivie d’un retour synchronisé et d’un brusque changement de message – ne laissait que peu de doute. Il était clair : il s’agissait d’une opération contrôlée par un État, prise en flagrant délit d’erreur ».
La seconde phase de cette campagne mettait en avant la résistance iranienne face aux pressions américaines et européennes, opposant la soi-disant « clarté morale » iranienne à l’« hypocrisie » occidentale. Les faux comptes allaient jusqu’à établir des parallèles entre le mouvement pour l’indépendance écossaise et la confrontation de l’Iran avec l’Occident.
Cyabra conclut que l’intention globale est nette : « Ces acteurs sèment la division, amplifient les tensions existantes et usurpent le discours politique – tout en conservant une image crédible et authentique ».
Le rapport souligne que si l’objectif immédiat était de légitimer la politique étrangère iranienne, « le but majeur de ces opérations d’influence à long terme reste inchangé : diviser les sociétés occidentales, discréditer les institutions démocratiques et manipuler l’opinion publique en créant une réalité déformée ».
Note de rédaction – Cet article ne prétend pas que l’indépendance écossaise serait une manœuvre étrangère, ni que le soutien à cette cause soit illégitime ou inauthentique. Il met en lumière des tentatives documentées d’acteurs liés à l’Iran d’exploiter des mouvements politiques réels au Royaume-Uni à des fins stratégiques.
Il est important de préciser que soutenir l’indépendance ne signifie pas forcément être manipulé par des influences étrangères. L’article insiste sur le fait que certains États, ici l’Iran, cherchent à infiltrer et à fausser les débats publics en imitant le langage et les codes culturels des groupes politiques existants. Cela passe par la création de fausses identités alignées sur des sensibilités gauchistes ou anti-impérialistes, non pas pour convaincre directement, mais pour amplifier leurs propres narratifs via des canaux jugés crédibles. Toutes les affirmations sont étayées ; les lecteurs sont invités à se référer aux sources primaires citées dans le texte.