Avec la multiplication des drones sur les champs de bataille modernes, il est essentiel que les militaires maîtrisent les différents systèmes qu’ils peuvent rencontrer. C’est pourquoi à l’École interarmées de lutte contre les petits systèmes aériens sans pilote (JCU) de Fort Sill, Oklahoma, les stagiaires étudient en détail une vingtaine de ces aéronefs.
La JCU est le seul centre de formation commun du Département de la Guerre dédié à la lutte contre la prolifération des menaces aériennes auxquelles les forces américaines sont confrontées à travers le monde. Elle forme les membres de toutes les armées à l’utilisation des équipements drones, à l’élaboration de stratégies contre les petits systèmes aériens sans pilote (UAS) et à la formation d’équipes chargées de la protection des installations.
Au cours des sessions, les élèves découvrent 24 modèles de petits UAS commercialisés, qu’ils soient des drones « blue air » considérés comme amicaux ou des drones « red air » utilisés par les adversaires. Les types d’appareils étudiés vont des quadcopters commerciaux jusqu’aux micro-drones miniatures, en passant par des drones en mousse faits sur mesure pour simuler de réelles menaces. Voici un aperçu de certains d’entre eux :
Black Hornet
Le Black Hornet est le plus petit drone utilisé par la JCU. Développé par le Commandement des opérations spéciales, ce drone discret offre des capacités d’intelligence, de surveillance et de reconnaissance rapprochée, y compris à l’intérieur des bâtiments lors d’opérations de libération d’otages. Equipé d’une caméra thermique améliorée, il est suffisamment compact pour être transporté à la ceinture des soldats.
R80D SkyRaider
Conçu exclusivement pour le DOW et d’autres agences fédérales, le R80D SkyRaider est un quadcopter à décollage et atterrissage vertical, agile, capable de transporter et de larguer plusieurs charges utiles jusqu’à 3,5 kg. Il embarque l’un des dispositifs de calcul d’intelligence artificielle les plus rapides et puissants pour un petit UAS et peut opérer dans des environnements sans GPS ni communication.
WingtraOne Gen II
Le WingtraOne Gen II est l’un des drones fixes de cartographie et de surveillance les plus rapides du marché. Il est équipé de plusieurs caméras et peut intégrer un système LiDAR (télédétection par laser) pour créer des modèles 3D précis d’objets et d’environnements. Il peut atteindre une vitesse d’environ 58 km/h et résiste bien aux vents forts.
IF 1200
Pesant entre 9,5 et 25 kg, l’hexacopter électrique IF 1200 est le petit UAS le plus performant de l’école, principalement utilisé pour la détection. Il peut être équipé de LiDAR, de capteurs de détection radiologique, de capteurs électro-optiques/infrarouges et de capacités de livraison. Il atteint jusqu’à 113 km/h, transporte une charge utile maximale de 16 kg et peut voler jusqu’à 45 minutes.
« Ce drone peut même effectuer des acrobaties. On pourrait penser qu’il est lent et lourd, mais c’est probablement l’hexacopter le plus rapide et le plus performant que nous ayons, » souligne Jacob Cameron, responsable aérien de la JCU.
Alta X
Le plus grand quadcopter de l’école, l’Alta X, est le pendant plus imposant de l’IF 1200, tout en étant notablement plus silencieux que les autres drones de la JCU. Cet appareil entièrement électrique est utilisé majoritairement pour la détection et peut transporter jusqu’à 18 kg. Il est particulièrement efficace avec une charge lourde, peut se replier en deux en 20 secondes et supporter divers capteurs ou charges externes, notamment EO/IR, cartographie et LiDAR.
TSM-800
Produit par le bureau de gestion des systèmes de menaces de l’armée, ce drone sert à simuler des menaces et peut opérer en essaims jusqu’à 150 unités contrôlées depuis une seule station au sol. Chaque drone peut embarquer une charge de 3,6 kg, avec la possibilité d’emporter trois petits bomblets. Compatible Wi-Fi ou via une tour LTE privée, il représente une plateforme polyvalente de simulation tactique.
Super Decathlon
Le « Super D » est un avion plus volumineux à moteur thermique, capable d’effectuer des missions en pilotage automatique ou manuel. Il est principalement utilisé pour la détection et l’identification lors de la formation opérateur à la JCU, ainsi que pour des démonstrations de munitions en vol stationnaire destinées aux planificateurs.
« Si un ennemi tente un brouillage électronique pendant qu’il est en pilotage automatique, le Super D peut traverser la zone sans être affecté, » explique Jacob Cameron. Autonome, il supporte de lourdes charges utiles sur de longues distances et peut voler jusqu’à 112 km. Sa taille facilite son repérage sur les radars, ce qui est idéal pour l’entraînement.
Vesper
Le petit quadcopter Vesper est destiné aux missions d’intelligence, surveillance et reconnaissance. Pesant seulement 1 kg, il est léger et facilement transportable. Il dispose d’une caméra électro-optique/infrarouge, peut atteindre 72 km/h et assurer environ 50 minutes d’autonomie. Il offre également des capacités en faible luminosité et des fonctions de discrétion renforcées.
Opterra
Ce drone léger, équipé de plusieurs emplacements pour caméras, est principalement utilisé comme cible d’entraînement. « L’Opterra est idéal pour résister aux tirs car il est en mousse : les balles le traversent à moins d’atteindre des composants précis comme le moteur », détaille le major Dennis « Chip » Stanford, officier exécutif à la JCU. « Il peut encaisser de nombreux tirs. »
Parmi les autres drones dont la formation est assurée par la JCU, on compte le CarbonCub, Skywalker X8, Vector-Scorpion, Osprey, IF 800 et le JTAC24, un drone cible conçu par la JCU et imprimé en 3D, ainsi que plusieurs autres modèles.