Deux sergents instructeurs de l’armée basés au Missouri ont été mis en cause pour des agressions sexuelles sur des recrues, ainsi que pour une conspiration visant à dissimuler ces faits, ont annoncé les autorités militaires.
Le sergent-chef Michael Serrano, 34 ans, et le sergent de 1re classe Brian Sullivan, 38 ans, étaient instructeurs au sein de la compagnie A de la 3e brigade chimique stationnée à Fort Leonard Wood, lorsque les faits reprochés auraient eu lieu, selon Michelle McCaskill, porte-parole du Bureau spécial de poursuite de l’Armée, chargé du dossier.
Chaque militaire est accusé d’agression sexuelle sur une recrue, d’abus de position d’encadrement, ainsi que de trois chefs de complot visant à commettre des actes interdits avec une personne placée sous leur responsabilité, ont précisé les autorités de l’armée.
« Ils sont soupçonnés d’avoir conspiré ensemble pour dissimuler leurs infractions après les faits », a déclaré Michelle McCaskill.
Par ailleurs, Michael Serrano fait également face à des accusations de harcèlement sexuel, d’entrave à la justice et de refus d’obéir à un ordre légal.
Ces accusations soulignent la gravité des abus de pouvoir imputés à ces soldats, qui occupent une position d’autorité particulière. En effet, les sergents instructeurs jouent un rôle clé dans la formation et la direction des jeunes recrues, qui disposent d’un faible pouvoir d’action face à leur encadrement.
En 2019, le Congrès américain a renforcé le Code uniforme de justice militaire en introduisant une peine spécifique pour les sergents instructeurs, recruteurs et autres responsables en position de « confiance spéciale » qui seraient impliqués dans des actes sexuels prohibés avec des recrues. Cette infraction, auparavant passible d’un maximum de deux ans d’emprisonnement, peut désormais entraîner jusqu’à cinq ans de détention.
Cette évolution législative intervient après plusieurs scandales majeurs survenus dans les centres de formation militaire. L’un des cas les plus choquants a concerné la base aérienne de Lackland à San Antonio, au Texas, où plus de 60 recrues ont été victimes d’agressions et de mauvais traitements infligés par plus de 30 instructeurs entre 2009 et 2021.
Dans le prolongement de ces affaires, l’armée américaine a renforcé au cours de l’été les règles encadrant la conduite des sergents instructeurs pendant la formation initiale. Une nouvelle réglementation interdit désormais à ces derniers de publier des contenus en ligne avec des recrues, d’accepter leurs demandes d’amitié sur les réseaux sociaux ou de développer des relations personnelles, que ce soit en ligne ou par téléphone.
Les deux sergents inculpés ont comparu en audience préliminaire distincte à Fort Leonard Wood en novembre, selon le registre en ligne du Code uniforme de justice militaire. Les actes d’accusation ne sont pas accessibles au public avant l’ouverture formelle des procédures, mais les détails ont été communiqués par les représentants de l’armée.
Michelle McCaskill a précisé que les autorités n’ont pas divulgué d’informations sur la promotion encadrée par ces soldats, car les charges n’ont pas encore été renvoyées devant une cour martiale, et les témoins proviendront de cette même unité.
Lors de chaque audience préliminaire, les officiers présents ont considéré que les preuves étaient suffisantes pour justifier un procès en cour martiale générale. La décision finale de renvoi devant le tribunal militaire revient désormais aux procureurs du Bureau spécial de poursuite. En cas de procès, une comparution et des audiences préliminaires seront programmées.