Un rapport d’un organisme fédéral révèle que des soldats déployés à la frontière entre les États-Unis et le Mexique cet été ont vécu dans des conditions insalubres, exposés à des installations sanitaires dégradées et à l’absence de climatisation fonctionnelle.
Plus précisément, l’Inspecteur général du Département de la Défense a constaté des conditions sanitaires déplorables dans les toilettes des casernes au Fort Bliss, au Texas, ainsi que dans les logements du Doña Ana Range Complex, au Nouveau-Mexique. Ces constats incluent fuites d’eaux usées non traitées, toilettes hors service et délabrement général des installations.
La visite de l’Inspecteur général dans ces deux États, effectuée fin juillet 2025, portait sur les conditions d’hébergement des soldats de la 2e Brigade de combat Stryker de la 4e Division d’infanterie, basée à Fort Carson, Colorado. En mars, le Commandement Nord des États-Unis avait annoncé le déploiement d’environ 2 400 soldats de cette unité à la frontière, portant à près de 9 000 le nombre total de militaires affectés à la Joint Task Force-Southern Border. En septembre, il a été annoncé que la 2e Brigade Stryker serait remplacée par la 2e Brigade blindée de la 1re Division blindée, stationnée à Fort Bliss, Texas.
Dans le cadre de cet audit, le rapport inclut également des observations faites entre mai et août 2025 par l’équipe de médecine préventive de la brigade Stryker, qui a signalé plusieurs problèmes de santé et de sécurité sur le site du Doña Ana Range Complex. Leur analyse révèle que les climatiseurs des logements provoquaient des symptômes respiratoires chez les soldats. De plus, l’eau stagnante issue de la condensation des unités de climatisation, combinée aux eaux de pluie, engendrait une forte augmentation de la population d’insectes et de moustiques.
L’équipe médicale a aussi rapporté de nombreuses interventions en attente concernant des toilettes bouchées et des unités de climatisation défectueuses. Plusieurs soldats ont indiqué aux enquêteurs que les climatiseurs ne fonctionnaient que sporadiquement.
Les soldats ont également exprimé des inquiétudes quant à la capacité électrique dans les casernes. Les responsables de Fort Bliss ont informé l’Inspecteur général que le dépassement de la capacité électrique des logements pouvait entraîner des déclenchements répétitifs des disjoncteurs, ce qui représenterait un risque d’incendie dans ces bâtiments vieillissants.
Après la création de la Joint Task Force-Southern Border par le Commandement Nord, ses responsables ont sollicité des casernes auprès de la garnison de Fort Bliss. Cependant, le personnel de Fort Bliss a conclu qu’il ne pouvait pas répondre à la totalité des besoins en logement sur la base, et une partie des soldats a été hébergée au Doña Ana Range Complex. Le rapport précise que les casernes de Fort Bliss étaient « destinées à un hébergement transitoire et non à une utilisation continue ».
Au-delà des conditions sanitaires et sécuritaires déplorables, les autorités ont aussi relevé que les logements ne respectaient pas les régulations sur la durée d’hébergement dans des espaces exigus, qui prévoient des dérogations uniquement autorisées par des commandants ou des personnels médicaux. Ainsi, la superficie par soldat atteignait seulement 45 pieds carrés (environ 4,2 m²) à Fort Bliss, et 69 pieds carrés (environ 6,4 m²) au Doña Ana Range Complex.
En novembre 2025, les soldats déployés à la frontière n’étaient plus hébergés au Doña Ana Range Complex.