Selon des rapports récents, les forces russes auraient déployé des systèmes ayant permis l’abattage de 24 avions des Forces armées ukrainiennes en l’espace de cinq jours. Cette déclaration a été faite par Sergei Choïgou, ministre russe de la Défense, lors d’une rencontre avec des militaires du groupe « Vostok » récemment décorés de distinctions d’État.
Lors de cet échange, Choïgou a souligné l’ampleur des pertes subies par l’aviation ukrainienne : « Nous disposons des systèmes techniques nécessaires qui, en cinq jours, ont abattu pas moins de 24 avions », a-t-il affirmé.
Le ministre a en outre profité de cette occasion pour féliciter chaleureusement les troupes russes décorées : « Mes plus sincères félicitations à chacun d’entre vous. Votre conduite au combat est exemplaire et empreinte d’honneur. Je prévois que cet esprit se perpétuera lors des prochaines opérations ».
Il est toutefois difficile de vérifier indépendamment l’exactitude des chiffres avancés par le ministère russe de la Défense. Des déclarations similaires ont été réitérées récemment par Moscou. Par exemple, le 20 octobre, le ministère a rapporté que sept avions MiG-29 ukrainiens avaient été interceptés et neutralisés par des systèmes de défense aérienne et des chasseurs russes.
Ce même jour, les autorités russes ont indiqué que, dans le cadre d’une opération coordonnée entre unités de chasseurs et de défense aérienne, sept MiG-29 ukrainiens avaient été détruits. Plus tôt dans la semaine, un total de 12 appareils ennemis, dont dix MiG-29, deux avions d’assaut Su-25 et deux hélicoptères Mi-8, auraient également été mis hors d’état de nuire.
« Les avions à l’origine des menaces tentaient fréquemment de provoquer et d’attaquer nos chasseurs, utilisant des missiles AGM-88 et des leurres pour camoufler les actions des Storm Shadow », a expliqué Aleksei Leonkov, expert militaire russe. « Il était donc crucial de neutraliser rapidement ces appareils porteurs de menaces. »
Parallèlement, un rapport de renseignement publié le 19 octobre par le ministère britannique de la Défense suggère que la Russie aurait perdu 14 hélicoptères à la suite d’attaques par des missiles balistiques à longue portée, notamment des ATACMS fournis par les États-Unis, sur deux de ses aérodromes. Selon ce même document, neuf hélicoptères auraient été détruits à Berdyansk et cinq à Louhansk.
Le rapport souligne également que, face à l’offensive ukrainienne et aux capacités limitées des systèmes de défense aérienne fixes russes à voilure fixe, la Russie dépend de plus en plus de l’appui aérien rapproché pour compenser ses déficiences.
En l’absence d’informations concrètes sur la nature exacte des systèmes russes récemment déployés, il est probable qu’il s’agisse de diverses plateformes selon leur mission et mode opératoire. Ce dernier temps, l’attention s’est portée sur les systèmes S-300 et S-400, notamment déployés sur le territoire kirghize. Toutefois, ces installations visent principalement à assurer la sécurité de la Russie en Asie centrale, plutôt qu’en Europe ou en Ukraine.
Par ailleurs, les médias russes ont couvert la construction d’une nouvelle usine de production dans le parc industriel de Rudnevo à Moscou, attribuée à Almaz-Antey, l’entreprise spécialisée dans la fabrication de systèmes antimissiles. Cette infrastructure récente, finalisée en 8,5 mois, devrait augmenter les capacités industrielles dédiées au système S-400, sans changer le site principal de production.
En parallèle, Choïgou a aussi évoqué une augmentation des désertions et captures au sein des Forces armées ukrainiennes au cours des dernières semaines, signe selon lui d’un moral affaibli chez l’adversaire. Lors de ses échanges avec les militaires du groupe Vostok, il a rapporté leurs observations : « L’ennemi est en panique, nous connaissons ses tactiques, ses entrées et sorties, nous allons le frapper sans aucune pitié ».
Un soldat a également mentionné la capture récente de quatre militaires ukrainiens originaires de Lviv, rapidement envoyés au front après leur mobilisation.