Dans une avancée discrète mais significative vers l’intégration de la guerre de cinquième génération, l’Organisation indienne de recherche et de développement pour la défense (DRDO) et l’Armée de l’air indienne (IAF) collaborent étroitement pour concevoir un missile de croisière air-sol optimisé pour la furtivité, destiné à être embarqué à l’intérieur du futur avion multirôle de combat avancé (AMCA) indigène. Selon des informations exclusives, bien que les détails restent confidentiels en raison des discussions en cours, cette arme, prévue comme un missile subsonique de frappe de précision, mettra l’accent sur la compacité et la faible détectabilité pour préserver la signature radar de l’AMCA lors de missions de pénétration profonde. Ce développement marque une maturation du secteur indien des munitions furtives, comblant le fossé entre les plateformes actuelles telles que le Su-30MKI et l’arrivée prévue de l’AMCA en 2035.
L’AMCA, un chasseur furtif bimoteur multirôle développé par l’Agence de développement aéronautique (ADA) relevant de la DRDO, est conçu avec des soutes internes à armements (IWB) capables d’accueillir jusqu’à six missiles air-air ou deux armes de frappe à longue portée lourdes, sans compromettre sa silhouette anguleuse.
Au cœur des discussions, une réduction volontaire des dimensions par rapport au missile de croisière subsonique Nirbhay, la munition indigène phare de l’Inde dotée d’une portée de 1 000 km et d’une ogive de 450 kg. Le missile en projet devrait peser environ 1 000 kg, soit la moitié du poids du Nirbhay, permettant ainsi à deux exemplaires d’être embarqués dans une soute interne de l’AMCA, en plus de missiles air-air comme l’Astra Mk3. Cette contrainte dimensionnelle va nécessiter une miniaturisation innovante des systèmes de guidage, de propulsion et d’avionique, en tirant parti des enseignements du démonstrateur Integrated Technology Cruise Missile (ITCM) testé en 2025.
La portée envisagée se situe entre 600 et 700 km, suffisante pour des frappes à l’échelle théâtrale sur des cibles stratégiques comme des nœuds de commandement ou des batteries mobiles de défense sol-air, tout en étant cohérente avec le rayon d’action combat de l’AMCA fixé à 1 500 km. « L’accent est mis sur la précision plus que sur l’endurance — pour garantir que le missile respecte l’enveloppe furtive de l’avion sans compromettre la létalité », a confié une source au sein de la DRDO, évoquant une ogive conventionnelle ou spécialisée de 200 à 300 kg, adaptée à des missions de pénétration de bunkers ou d’attaque anti-navire.
La propulsion reposera sur le turboréacteur à faible postcombustion Small Turbo Fan Engine (STFE), ou « Manik », développé par le Gas Turbine Research Establishment (GTRE). Ce moteur turbofan de 4,5 kN, déjà utilisé pour les essais du Nirbhay depuis 2021, bénéficie d’une maturité industrielle attestée par la livraison récente de 15 unités par BrahMos Aerospace à la DRDO en juin. Des entreprises privées comme Godrej et Tata sont prêtes à monter en cadence pour la production de masse. Pour ce nouveau missile, la poussée du moteur sera optimisée pour une croisière subsonique efficace à Mach 0,8, facilitant un vol à basse altitude avec une consommation de carburant maîtrisée durant les phases prolongées d’attente en vol.
Ce qui distingue ce missile du Nirbhay, c’est son architecture focalisée sur la furtivité, conçue pour s’intégrer parfaitement au profil à faible section radar (RCS) toutes directions de l’AMCA. Sa cellule présente des surfaces angulaires en forme de diamant, des revêtements absorbant les ondes radar et des entrées d’air sinueuses, permettant de réduire la RCS frontale en dessous de 0,01 m² — un niveau comparable à celui des leurres furtifs — ce qui favorise un vol en « rasant le sol », entre 15 et 30 mètres d’altitude, pour exploiter le brouillage naturel du relief.
Après le lancement, un ensemble de systèmes de guerre électronique indigènes permettra de déjouer la détection radar grâce à des techniques de saut de fréquence, de dispersion de chaff et de modification de trajectoire en pleine phase de croisière via une fusion de capteurs INS/GPS/IR avancés. « Ce missile n’est pas seulement invisible, il est aussi extrêmement évocateur — il est conçu pour traverser les réseaux intégrés de défense aérienne comme les systèmes HQ-9 chinois, » a précisé la source, soulignant que les simulations indiquent une évasion réussie dans 90 % des tentatives d’interception à basse altitude.