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Des documents récemment diffusés suggèrent que l’usine d’hélicoptères Progress en Russie aurait envisagé la production potentielle d’hélicoptères d’attaque Ka-52M pour un client étranger, avec des spéculations en ligne évoquant un intérêt possible de la Chine.

Ces documents, qui n’ont pas été vérifiés de manière indépendante, semblent être une correspondance interne de la société russe Arsenyev Aviation Company Progress, fabricant du Ka-52. Ils font état d’un client étranger uniquement désigné par le code « 156 ».

Si leur authenticité est confirmée, ces éléments révèlent que des responsables de l’industrie de défense russe étudiaient les calendriers de production, l’approvisionnement en composants ainsi que la tarification d’un lot potentiel destiné à l’exportation.

Les échanges évoqués concernent notamment la communication entre le fabricant d’hélicoptères et l’usine de poudre de Perm, une entreprise russe spécialisée dans la production de composants explosifs utilisés dans les systèmes militaires.

Un des documents mentionne une demande formulée par l’exportateur d’armes d’État russe, Rosoboronexport :

« Conformément à la demande de Rosoboronexport, SA, datée du 04.03.2022, n° R7414/2-13393, relative à la fourniture, pour le client étranger 156, de 48 hélicoptères Ka-52M, de l’équipement associé et de la formation nécessaire, nous sollicitons la transmission des documents pertinents à Progress, SA, AAC. »

Ce document liste également les composants requis, notamment des charges pyrotechniques telles que la PZ-37, utilisées dans les systèmes d’urgence des hélicoptères, notamment pour les mécanismes d’éjection et les verrières.

Il détaille aussi la structure de financement classique employée pour les exportations d’armes gérées par Rosoboronexport :

  • 30 % d’acompte la première année sur le coût des hélicoptères et équipements livrés,
  • 50 % de paiement intermédiaire lorsque les hélicoptères sont prêts à être expédiés,
  • 20 % de paiement final à la réception sur le territoire du client.

Un second document, daté du 15 juillet 2024, laisse entendre que l’industrie russe poursuivait alors l’examen du plan de production envisagé.

Ce courrier fait référence à un accord de commission et à un contrat d’exportation distincts liés au même client non identifié :

« Dans le cadre du contrat de commande n° VR-24-0012-04-02 daté du 18 janvier 2024, portant sur la fourniture de Ka-52 au client étranger “156”, dans le cadre du contrat daté du 8 novembre 2023 n° R/2215674140238 (ci-après « le Contrat »), il est nécessaire d’assurer la fabrication de 48 hélicoptères entre 2025 et 2027. »

Il est également demandé au fournisseur d’estimer un prix indicatif pour la production prévue :

« Votre réponse, le prix indicatif pour les années 2025-2026 en vue de la préparation du contrat de fourniture, devra être communiquée au plus tard le 19 juillet 2024. »

Malgré ces références répétées au client codé « 156 », le pays concerné n’est jamais nommé.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs observateurs ont avancé que la Chine pourrait être le client potentiel. Toutefois, ni les autorités russes ni les responsables chinois n’ont confirmé cette hypothèse. Il demeure incertain si ce projet est allé au-delà d’une simple évaluation industrielle préliminaire.

Ces documents indiquent surtout que les entreprises de défense russes travaillaient aux premières étapes de la planification industrielle, notamment sur la coordination avec les fournisseurs et l’étude des coûts pour une commande d’envergure.

Le matériel au cœur de ces échanges est le Ka-52M, dernière évolution de l’hélicoptère d’attaque russe Ka-52. Cette version modernisée intègre un système électronique embarqué repensé, avec des ordinateurs plus puissants.

Les concepteurs soulignent que l’appareil est équipé d’un radar à antenne active en réseau phasé, capable de détecter et d’identifier les cibles de nuit à une portée quasiment doublée par rapport à la version antérieure.

Le Ka-52M est aussi conçu pour fonctionner en coopération avec des drones : les informations recueillies par ces derniers permettent aux équipages d’hélicoptères de surveiller le champ de bataille et de collecter des renseignements à plus grande distance.

Par ailleurs, cette version peut emporter un nouveau missile guidé offrant une portée d’attaque supérieure aux armements précédemment déployés sur la plateforme.

Depuis plusieurs années, la Russie promeut activement le Ka-52 et sa version modernisée sur le marché international. Fabriqué à l’usine Progress dans l’Extrême-Orient russe, le Ka-52 demeure un élément clé de la flotte russe d’hélicoptères d’attaque.