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En 2023, la Royal Air Force (RAF) britannique a déjà réalisé deux fois plus de missions de lancement d’avions en alerte de réaction rapide (QRA) qu’en 2020 sur l’ensemble de l’année, selon des données récemment publiées par le ministère britannique de la Défense.

Le dispositif QRA consiste à maintenir des chasseurs Typhoon FGR4 prêts à décoller instantanément pour intercepter toute menace potentielle entrant dans l’espace aérien britannique. Ces avions de chasse multirôles peuvent atteindre des vitesses supérieures à Mach 1,8 et passer du sol à Mach 1,5 à 10 600 mètres d’altitude en moins de 150 secondes, avec un plafond opérationnel atteignant 16 700 mètres, selon les informations fournies par la RAF.

La mission QRA est généralement assurée depuis deux bases principales : RAF Coningsby en Angleterre et RAF Lossiemouth en Écosse. Ces escadrons interceptent notamment les bombardiers russes Tupolev Tu-95 « Bear » qui s’approchent par le flanc nord de l’OTAN. Par exemple, en avril, un Typhoon en QRA a intercepté un avion de patrouille maritime Tu-142 évoluant au nord-est, au-dessus de la mer de Norvège et de l’océan Atlantique.

Lors d’une réponse à une question parlementaire datée du 18 septembre, James Heappey, ministre britannique des Forces armées, a précisé qu’entre septembre 2020 et août 2023, 25 décollages d’avions Typhoon en QRA avaient été enregistrés. Cela inclut cinq lancements en 2020 et dix entre le 1er janvier et le 10 septembre 2023.

Lancements d’avions en alerte de réaction rapide*
*Données arrêtées au 10 septembre. Source : ministère britannique de la Défense.

Le nombre de vols QRA exigés par la RAF a connu une augmentation régulière au cours des trois dernières années, même si les statistiques ne distinguent pas si ces interceptions visaient des bombardiers russes ou des avions civils non identifiés.

Le mois d’août 2023 a notamment connu le plus grand nombre de ces lancements depuis la même période en 2021, témoignant d’une intensification des opérations de surveillance aérienne britanniques.

Ce contexte intervient dans un climat tendu entre le Royaume-Uni et la Russie, exacerbée par le soutien britannique à l’Ukraine après l’invasion russe de février 2022. Le Royaume-Uni a fourni des équipements militaires clés, y compris des missiles de croisière Storm Shadow, récemment utilisés par l’Ukraine pour frapper la base navale russe de Sébastopol en Crimée, territoire annexé par Moscou depuis 2014.

Le territoire britannique est couvert par un réseau étendu de stations radar civils et militaires qui assurent une veille permanente de son espace aérien. Les avions civils circulent en général avec leur transpondeur activé, émettant ainsi leur position et d’autres données essentielles.

En revanche, les appareils militaires, notamment ceux de pays rivaux tels que la Russie, ne respectent pas nécessairement ces protocoles, ce qui augmente la charge opérationnelle des dispositifs de défense aériens britanniques.

La RAF détaille que les données radar sont d’abord traitées par le Control Reporting Centre (CRC) basé à RAF Boulmer, qui élabore une image complète de la situation aérienne. Cette information est ensuite transmise au National Air and Space Operations Centre (NASOC) du RAF Air Command à High Wycombe. Lorsque le NASOC estime qu’une menace justifie l’envoi des Typhoon, il ordonne au CRC de RAF Boulmer de déployer les chasseurs en alerte, stationnés sur les bases de Lossiemouth ou Coningsby.