Le front ukrainien a peu évolué hier, malgré quelques avancées ponctuelles près de Svatove. Près de 1 000 soldats russes ont été tués samedi, tandis que la destruction d’une corvette russe équipée de missiles Kalibr a été confirmée après un bombardement ukrainien dans le détroit de Kertch. Par ailleurs, les bombardements russes se poursuivent dans la région de Kherson, faisant deux morts civils à Gammalsvenskby.
Selon le bilan matinal de l’état-major ukrainien, environ 990 soldats et officiers russes ont perdu la vie lors des affrontements d’hier. Les pertes matérielles ont toutefois été plus « normales », avec la destruction de huit chars, quatorze véhicules blindés et d’artillerie motorisée, ainsi que douze obusiers ou mortiers lourds, six lance-roquettes multiples, deux systèmes antiaériens lourds, quatorze véhicules de transport et neuf équipements spécialisés.
La moindre intensité des pertes en blindés pourrait indiquer un changement tactique russe : un abandon momentané des attaques massives blindées au profit d’offensives plus nombreuses, mais qui sacrifient davantage de troupes. Sur le terrain, le front n’a connu que de modestes progrès ukrainiens près de Svatove, tandis que la ligne autour d’Avdiivka reste stable depuis plusieurs jours.
Les forces ukrainiennes tiennent bon, mais la situation reste tendue, avec des combats acharnés et des pertes humaines significatives de part et d’autre. L’état-major ukrainien souligne la difficulté persistante du conflit, loin des variations géographiques des lignes de front.
Une corvette lance-missiles détruite dans le détroit de Kertch
Ukraine a confirmé l’élimination d’une corvette russe de classe Karakurt lors d’un bombardement d’un chantier naval dans le détroit de Kertch. Ce navire, non encore entré en service, était armé de huit missiles de croisière Kalibr, utilisés par la Russie pour frapper des cibles à longue distance sur le territoire ukrainien. L’attaque aurait été menée à l’aide de missiles SCALP (Storm Shadow), mis à disposition par la France.
Bombardements russes et victimes civiles dans la région de Kherson
Les bombardements continus de la part des forces russes sur la région libérée de Kherson ont fait deux victimes civiles supplémentaires et blessé six autres personnes, selon Ukrinform. À Gammalsvenskby, deux civils ont récemment perdu la vie : l’un tué lors d’un bombardement, l’autre dans un accident de la route en tentant de se rendre à l’hôpital dans l’obscurité, sans phares pour éviter d’être ciblé.
« La guerre en Ukraine reste un combat complexe, marqué par des pertes humaines douloureuses et des destructions systématiques », souligne l’association locale des résidents de Svenskby.
Autres développements
- Une attaque russe sur Vuhledar a été repoussée, avec la destruction d’au moins deux chars dont un équipé d’un système de mines.
- Des images satellites montrent la corvette russe touchée dans le chantier naval du détroit de Kertch.
- Selon Ukrinform, les forces russes privilégieraient désormais des « vagues de viande », sacrifiant leur infanterie plutôt que leur équipement lourd, comme l’indiquent les faibles pertes en blindés.
- Le centre de formation de pilotes de drones Dronarium a formé près de 8 000 opérateurs grâce au soutien des dons. Les drones jouent désormais un rôle clé dans la collecte d’informations et l’appui au combat, changeant radicalement la nature des opérations militaires en Ukraine.
- Des groupes spécialisés dans la détection et le déminage cherchent un soutien accru pour poursuivre leur formation et leurs interventions sur le terrain, notamment auprès des unités de troupes d’assaut.
- Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a invité Donald Trump en Ukraine, lui demandant un entretien de 24 minutes, en réponse à une déclaration passée de Trump affirmant pouvoir mettre fin au conflit en 24 heures.
- Des frappes russes nocturnes ont visé les villes jumelles d’Odessa, Mykolayiv et Kherson. Une photo témoigne d’un cratère situé à 20 mètres du musée d’art d’Odessa, qui a été épargné. Ces attaques visent notamment à détruire le patrimoine culturel ukrainien.
- Sur le plan symbolique, plusieurs pays de la zone euro ont décidé de marquer leur soutien à l’Ukraine en frappant leurs pièces de monnaie à l’effigie du slogan « Slava Ukraini ». Estonie, Lettonie et Lituanie ont ainsi adopté ces motifs sur leurs pièces de 2 euros.
Slava Ukraini ! Heroiam slava ! Razom, do peremohi !