Estonie, Lettonie et Belgique ont commencé à recevoir les premiers drones intercepteurs autonomes BLAZE, développés par Origin Robotics. Ces livraisons marquent une étape importante pour ces nations de l’OTAN, qui deviennent ainsi les premières forces européennes à déployer un système entièrement autonome, produit localement, capable d’intercepter des menaces aériennes hostiles non habitées.
Origin Robotics, une entreprise basée en Lettonie, a conçu ce système avec un module de charge utile conforme aux normes STANAG, facilitant une intégration rapide ainsi qu’une interopérabilité au sein des forces de l’Alliance. La Lettonie a lancé ses commandes dès octobre 2025, suivie par la Belgique en novembre, qui a alloué 50 millions d’euros au ministère de la Défense pour ses systèmes anti-drones, puis par l’Estonie peu après.
Les livraisons sont effectuées par lots, et les trois pays en sont actuellement aux premières phases de réception et d’intégration de ces drones BLAZE dans leurs réseaux de défense. Origin Robotics assure que ces intercepteurs autonomes sont opérationnels dès leur livraison, prêts à être déployés sans les longs délais habituellement associés aux cycles d’acquisition traditionnels.
Des équipes nationales d’évaluation, dont le Centre de compétence pour les systèmes autonomes de Lettonie, sont chargées de tester et de déterminer les meilleures modalités d’intégration de la capacité BLAZE dans les architectures existantes de défense aérienne.
Drones intercepteurs autonomes
Les drones intercepteurs autonomes sont des systèmes aériens sans pilote qui utilisent des capteurs embarqués et l’intelligence artificielle pour détecter, suivre et neutraliser d’autres drones de manière autonome, sans contrôle humain direct tout au long de l’engagement. Cette approche se distingue des modes d’interception traditionnels, manuellement pilotés, en permettant une prise de décision en temps réel pour contrer les menaces UAV dans des environnements contestés.
D’autres pays développent également des technologies de contre-drones autonomes ou semi-autonomes. Les forces américaines ont par exemple intégré les systèmes DroneHunter de Fortem Technologies, capables de détecter et intercepter de petits drones en utilisant l’intelligence artificielle, le radar et des techniques de capture par filet dans le cadre des initiatives du Pentagone contre les drones. Ces systèmes peuvent opérer seuls ou en groupe coordonné pour protéger l’espace aérien contre les intrusions.
Par ailleurs, l’Ukraine et le Royaume-Uni collaborent à la production des drones intercepteurs autonomes Octopus‑100, conçus pour détecter et neutraliser automatiquement les UAV ennemis en vol, avec un renforcement de la coopération industrielle alliée annoncé pour 2025.
Des entreprises israéliennes ont également présenté des solutions autonomes de lutte anti-drones lors d’essais nationaux en 2025, incluant des drones intercepteurs guidés par radar et des systèmes autonomes spatiaux capables d’analyser des signaux d’intérêt pour gérer les menaces UAV, avec la participation de plusieurs fabricants locaux.