À l’approche de délais cruciaux pour la sécurité internationale, la diplomatie évolue face à des enjeux majeurs impliquant l’Iran, la Chine, la Russie, la Corée du Nord et les groupes jihadistes. Ces développements mettent en lumière des tensions persistantes sur plusieurs théâtres géopolitiques, tout en soulignant les efforts diplomatiques pour éviter une escalade.
Iran
Alors que les tensions laissent lentement place à un calme relatif après le récent conflit entre l’Iran et Israël – où les États-Unis ont mené des frappes contre trois sites nucléaires iraniens – un point de bascule diplomatique se profile. En octobre, expirera le mécanisme de « snapback » intégré à la résolution 2015 du Conseil de sécurité de l’ONU qui approuvait le Plan d’action global conjoint (JCPOA), aujourd’hui largement obsolète. Ce mécanisme permet aux signataires de rétablir automatiquement des sanctions adoptées entre 2006 et 2010 sans possibilité de veto des membres permanents du Conseil.
Ces sanctions incluent un embargo sur les armes, une interdiction de l’enrichissement de l’uranium, le gel des avoirs d’officiels iraniens, et un renforcement de la surveillance bancaire et maritime. Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont averti ces derniers jours qu’ils pourraient enclencher ce mécanisme d’ici fin août si l’Iran ne coopérait pas sur son programme nucléaire. Le calendrier est serré pour achever cette procédure d’un mois avant la présidence russe du Conseil de sécurité, en octobre. Des diplomates européens majeurs rencontrent les représentants iraniens vendredi à Istanbul, dans une tentative de désamorcer une confrontation imminente à New York.
Chine
La diplomatie multilatérale demeure une priorité pour Pékin. Le 9 juillet, le Premier ministre chinois Li Qiang a participé au sommet des BRICS au Brésil, rencontrant notamment le secrétaire général de l’ONU et le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, afin de réaffirmer le soutien de la Chine au multilatéralisme, au libre-échange et au « rôle central de l’ONU dans la gouvernance mondiale ». Le 15 juillet, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a accueilli le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Tianjin, où se tiendra le sommet de l’OCS fin août.
Le calendrier est volontairement coordonné, puisque les dirigeants de l’OCS pourront également assister au défilé militaire chinois majeur prévu le 3 septembre. Ce sommet sera l’événement diplomatique multilatéral le plus important pour la Chine cette année, marqueur de son ambition stratégique régionale et globale. Le président russe Vladimir Poutine a confirmé une visite exceptionnelle de quatre jours en Chine pour participer aux deux événements.
Par ailleurs, un référendum de rappel est programmé à Taïwan pour le 26 juillet, visant plus de deux douzaines de législateurs du Kuomintang, principal parti d’opposition. Les médias officiels chinois et agences gouvernementales critiquent cette procédure, et la Chine pourrait adopter une posture hostile si le scrutin affaiblit durablement l’opposition pro-indépendantiste.
Russie
Les relations de la Russie avec l’Azerbaïdjan se sont encore dégradées ces deux dernières semaines. Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a annoncé que son pays préparait une action en justice contre la Russie suite au crash, en décembre 2024, d’un avion azerbaïdjanais près de Grozny. Des preuves irréfutables montrent que la catastrophe serait due à un tir d’un système de défense aérienne Pantsir-S russe. Aliev a par ailleurs salué la résistance ukrainienne face à l’invasion russe, estimant que des relations amicales avec Moscou ne seraient possibles que si la Russie renonce à ses attitudes impérialistes.
Sur le front ukrainien, Moscou ne manifeste aucun signe de changement de stratégie militaire, malgré la pression croissante de l’administration américaine, notamment du président Donald Trump. Ce dernier a imposé un ultimatum de 50 jours à la Russie pour avancer sur un accord de paix, sinon des sanctions seraient renforcées. Cependant, cette annonce a été perçue en Russie comme une occasion de poursuivre librement ses opérations militaires pendant cette période, sans crainte de représailles immédiates. Ce sentiment a été renforcé par le report par les législateurs américains de l’examen d’un paquet de sanctions bipartisan tant que dure cette phase d’observation.
Corée du Nord
Les autorités nord-coréennes ont annoncé la construction d’un troisième destroyer de 5 000 tonnes d’ici octobre 2026, ajoutant une nouvelle plateforme à leurs capacités de lancement de missiles nucléaires et conventionnels. Deux navires de cette classe ont été dévoilés plus tôt dans l’année, dont l’un a temporairement chaviré lors du lancement.
L’armée nord-coréenne a exprimé son avertissement à la suite d’un exercice conjoint des États-Unis, Corée du Sud et Japon, impliquant deux bombardiers stratégiques B-52H et deux chasseurs, dénonçant des « conséquences graves » et affirmant son « droit souverain de riposter contre des actions militaires provocatrices ».
Sur le plan diplomatique, Pyongyang renforce ses liens avec Moscou : la visite du ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov a été l’occasion de souligner la volonté de renforcer la coopération stratégique et tactique bilatérale. Une compagnie aérienne russe a inauguré une liaison Moscou-Pyongyang. Des chercheurs nord-coréens se rendent en Russie pour étudier l’intelligence artificielle, en dépit des sanctions internationales limitant les échanges technologiques entre les deux pays.
La Corée du Nord cherche aussi à resserrer ses relations avec Pékin, avec la reprise annoncée d’une ligne ferroviaire suspendue depuis cinq ans entre les capitales. Les médias officiels ont rappelé leur soutien à l’alliance bilatérale à l’occasion du 64e anniversaire de leur traité de défense, marqué par un banquet organisé par l’ambassadeur chinois.
Groupes jihadistes
Al-Shabaab a récemment repris le contrôle des villes de Moqokori et Tardo dans le centre de la Somalie, consolidant ainsi la reconquête de tous les territoires perdus suite à l’offensive gouvernementale de 2022. Le groupe a diffusé des images de propagande pour prouver son emprise sur ces zones et affirmer le soutien supposé des populations locales.
Cette avancée illustre les limites persistantes des efforts somaliens de lutte antiterroriste et contre-insurrectionnels instaurés depuis la progression d’al-Shabaab en 2006. Le gouvernement central perd régulièrement les territoires qu’il avait reconquis, situation compliquée par la présence de l’État islamique dans la région autonome du Puntland depuis le début de l’année.
Par ailleurs, al-Shabaab se positionne pour menacer la capitale Mogadiscio, et pourrait revitaliser la planification d’attentats à l’étranger, dans le prolongement de récents complots liés à l’aviation. Si la direction centrale d’al-Qaïda demeure affaiblie, ses filiales en Somalie et au Mali continuent d’étendre leur influence à travers l’Afrique de l’Est et de l’Ouest.