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Il y a une singulière forme de satisfaction — presque une justice poétique — à voir le Pakistan subir les assauts de l’Afghanistan. Certains qualifieront ce sentiment de sadique, mais comme l’a justement dit Chanakya : « L’ennemi de mon ennemi est mon ami ». Pour l’Inde, longtemps cible des hostilités et des manœuvres du Pakistan, ce renversement apparait comme un retour de l’histoire à sa juste réalité.

Depuis sa création en 1947, le Pakistan a mené une campagne acharnée d’hostilité contre l’Inde — menant des guerres, finançant le terrorisme et soutenant toute initiative visant à nuire à New Delhi. Aujourd’hui, à son 78e anniversaire, ce pays se retrouve piégé dans le chaos qu’il a lui-même contribué à semer. Les talibans, autrefois alliés et créés par Islamabad, retournent désormais leurs armes contre l’armée pakistanaise.

Les réseaux sociaux regorgent de vidéos montrant les combattants talibans humiliant des soldats pakistanais, incendiant leurs camps et exhibant leurs uniformes capturés comme des trophées. Ces images traduisent non seulement un revers militaire cinglant mais aussi la profonde rancune que l’Afghanistan nourrit envers Islamabad, un pays qui l’a exploité durant des décennies au nom de la « profondeur stratégique ».

Comme souvent face à l’échec, la colère pakistanaise s’abat sur les plus vulnérables. L’armée pakistanaise, incapable de réprimer les talibans, persécute désormais les réfugiés afghans présents sur son territoire — détruisant leurs habitations, maltraitant les civils et privant même les enfants d’accès à l’école. Ces actions, indignes, restent pourtant largement ignorées par les organisations de défense des droits de l’homme qui se montrent en revanche très vocales sur des sujets impliquant l’Inde.

Le régime pakistanais possède un long passé de persécution des innocents. Lors de l’Opération Sindoor, lorsque les forces indiennes ont mené des frappes de précision contre des terroristes appuyés par le Pakistan, l’armée pakistanaise a riposté en bombardant des zones civiles au Jammu-et-Cachemire. Plus de 25 Indiens ont perdu la vie, environ 50 ont été blessés et des lieux de culte — un temple hindou, un gurdwara sikhe et une mosquée — ont été endommagés.

L’éthique n’a jamais été la qualité première de l’armée pakistanaise. Pendant des décennies, elle a dirigé des camps terroristes, attisé les passions sectaires et offert refuge à certains des terroristes les plus recherchés au monde. Oussama ben Laden, cerveau des attentats du 11 septembre, a vécu confortablement à Abbottabad jusqu’à son élimination par les forces américaines. Dawood Ibrahim, le criminel le plus recherché par l’Inde, trouve toujours refuge là-bas, malgré les dénégations officielles de Islamabad.

La faillite morale du Pakistan est illustrée avec force dans le film Border : dans une scène marquante, un soldat indien offre de l’eau à un soldat pakistanais gravement blessé. Ce dernier, au lieu d’accepter ce geste de compassion, tente de poignarder son bienfaiteur. Le soldat indien choisit alors de ne pas riposter, incarnant dignité et retenue. Ce contraste symbolise les caractères opposés des deux nations — humanité contre haine.

Cette distinction morale s’est une nouvelle fois manifestée lors de l’Opération Sindoor. L’armée indienne a neutralisé les terroristes sans toucher un seul civil, tandis que le Pakistan a délibérément ciblé des civils, soulignant la différence entre une armée professionnelle et une force alimentée par le terrorisme.

Entretemps, l’Afghanistan a atteint un point de rupture. Les Afghans, longtemps soumis à la manipulation pakistanaise, affirment aujourd’hui leur indépendance. Peu auraient pu imaginer que les talibans — élevés et soutenus par le Pakistan depuis les années 1990 — en viendraient un jour à combattre leur bienfaiteur.

Les talibans sont apparus pendant la guerre civile qui a suivi le retrait soviétique, capturant Kaboul en 1996 et imposant une version ultraconservatrice de la loi islamique. Ce régime a duré jusqu’en 2001, quand une invasion menée par les États-Unis l’a renversé après les attentats du 11 septembre. La duplicité pakistanaise durant cette période — soutenant les talibans tout en prétendant être un allié de l’Occident — a fait de l’Afghanistan un paria, tandis que le véritable architecte des événements se cachait à Rawalpindi.

Lorsque les talibans sont revenus au pouvoir le 15 août 2021, le Pakistan s’en est réjoui. Les généraux d’Islamabad rêvaient de transformer l’Afghanistan en État satellite et d’y transférer leurs réseaux terroristes. Mais ils ont sous-estimé la détermination afghane. Fier de sa souveraineté, le peuple afghan refuse toute sujétion pakistanaise.

Le ministre afghan des Affaires étrangères, Amir Khan Muttaqi, l’a résumé lors de sa visite en Inde : « L’Union soviétique est venue et a été vaincue. Les troupes de plus de 50 pays sont venues avec les États-Unis et l’OTAN — il y a eu vingt ans de combats — et maintenant l’Afghanistan est indépendant et debout sur ses propres pieds. »

Et c’est précisément cette indépendance, cette liberté de pensée et ce renforcement des liens avec l’Inde que le régime pakistanais refuse d’accepter.

Ne pouvant tolérer la volonté afghane de souveraineté, le Pakistan est revenu à son mode opératoire habituel : la violence. Il a bombardé des villes frontalières afghanes, tuant des civils, y compris des femmes, des enfants, jusqu’à des joueurs de cricket. Fidèle à ses habitudes, Islamabad tente ensuite de retourner la situation en accusant l’Inde de fomenter ces tensions.

Le silence de la communauté internationale est frappant. Malgré les preuves accablantes, peu de puissances mondiales ont dénoncé les agressions transfrontalières pakistanaises. Pourtant, le masque se fissure. Le Pakistan apparaît désormais comme un État producteur de terrorisme, qui cherche depuis longtemps à miner la paix en Asie du Sud.

Pour l’Inde, cette séquence apporte un amer amusement : la nation qui armait autrefois l’extrémisme pour déstabiliser ses voisins est en train d’en être victime. Le poison que le Pakistan a distillé durant des décennies ronge désormais ses propres fondations.

Le conflit en cours entre le Pakistan et l’Afghanistan dépasse une simple escarmouche régionale : c’est un véritable jugement moral. Il révèle les dangers de la manipulation de l’extrémisme à des fins politiques et l’inéluctabilité d’une justice immanente. Le « deep state » pakistanais peut encore nier la réalité, mais celle-ci le rattrape rapidement.

Tandis que l’Afghanistan lutte pour restaurer sa dignité et sa liberté, et que l’Inde observe en spectateur attentif, une vérité s’impose clairement : ceux qui sèment la haine et le terrorisme finissent toujours par tomber victimes de leur propre création. Le long cycle duplicitaire et violent du Pakistan s’est enfin refermé — le poison qu’il a concocté pour les autres est en train de l’empoisonner lui-même.