Alors que la période de faible activité liée aux fêtes de fin d’année s’installe, je souhaite d’abord adresser mes remerciements à tous les lecteurs pour leur soutien tout au long de l’année écoulée. Avant de tourner la page sur 2025, il me paraît important de souligner quelques points qui continueront à peser dans l’actualité défense en 2026.
Tout d’abord, un grand merci à ceux qui ont contribué financièrement au fonctionnement de ce blog indépendant. Ces soutiens, variables au fil des mois, se sont généralement situés entre 1 100 et 1 300 euros mensuels. En décembre, grâce à une générosité accrue, la collecte a dépassé les 2 000 euros, une somme qui me permet d’envisager sereinement la poursuite de ce travail, qui mobilise une part importante de mon temps, malgré les interruptions dues à des événements personnels dans l’année.
Depuis sa création comme plateforme autonome, ce projet journalistique ne bénéficie d’aucun soutien financier institutionnel, reposant uniquement sur mon engagement individuel et la participation de mes lecteurs. Cette indépendance reste essentielle et ne pourra durer sans cet appui.
Passons maintenant aux sujets majeurs qui seront sans doute au cœur des débats en 2026 :
• Plan d’action pour les troupes aéroportées après les incidents au sein des parachutistes
En fin d’année, un reportage de la Frankfurter Allgemeine Zeitung a mis en lumière des faits graves au sein du régiment parachutiste 26, confirmant des rumeurs déjà connues :
En juin, deux soldates ont adressé un rapport à l’ombudsman de la défense, visant à alerter sur des comportements inacceptables au sein des troupes aéroportées. Parmi les allégations figuraient des faits de violence rituelle, d’usage de drogues dures, de comportements à connotation sexuelle inappropriée et des manifestations de néonazisme. Plusieurs dizaines de parachutistes sont désormais suspectés, certains ont déjà été renvoyés de l’armée.
Le ministre de la Défense Boris Pistorius a déclaré à ce sujet :
« Les cas signalés de néonazisme, de comportements sexuels déplacés et de consommation de drogues à Zweibrücken sont profondément choquants. Nous nous engageons à ce que toutes les enquêtes soient menées jusqu’au bout, que si d’autres accusations se confirment, les mesures les plus sévères soient appliquées et que la confiance dans le commandement militaire soit rétablie. »
Selon les chiffres disponibles, 55 soldats font l’objet d’investigations. Pour 19 d’entre eux, une procédure de renvoi a été engagée, et trois ont déjà quitté l’armée. Seize cas ont été transmis au parquet, autant ont donné lieu à des mesures disciplinaires, et vingt autres font l’objet d’enquêtes préliminaires par la justice militaire. Ces révélations interviennent alors que la Bundeswehr multiplie ses efforts de recrutement, soulignant que ces dérives ne sont pas l’apanage de l’après-suspension du service militaire obligatoire, des incidents similaires ayant déjà eu lieu durant cette période.
• Loi de modernisation du service militaire publiée au Journal officiel
Après l’approbation du Bundestag et du Bundesrat, suivie de la signature présidentielle, la nouvelle législation sur le service militaire, dite Loi de modernisation du service militaire, a été publiée le 29 décembre 2025. Cette loi entre en vigueur le 1er janvier 2026, introduisant des réformes importantes dans l’organisation du service obligatoire et volontaire.
• Nouveau accord collectif pour la défense nationale et alliée
Au début de l’année, un premier accord salarial est désormais en vigueur pour les employés de la logistique de maintenance de l’armée de terre (Heeresinstandsetzungslogistik – HIL), une société fédérale. Ce contrat signé avec le syndicat ver.di garantit notamment des conditions claires et adaptables en cas de crise ou de conflit armé, permettant d’augmenter les temps de travail en cas d’urgence afin d’assurer la disponibilité logistique indispensable aux forces armées.
Cette mesure représente une avancée majeure pour la préparation matérielle et le soutien opérationnel en temps de guerre ou crise, s’inscrivant dans une logique de renforcer la résilience de la Bundeswehr.
• Le projet FCAS repoussé indéfiniment
Le programme aérien franco-allemand-español FCAS (Future Combat Air System), déjà fragilisé par des divergences industrielles entre Airbus Defence et Dassault, voit son avenir encore plus incertain. Aucune décision définitive sur la poursuite du projet n’a été prise à la fin de 2025, le gouvernement allemand ayant signifié qu’aucun accord ne serait arrêté dans l’immédiat.
• Président de la Croix-Rouge allemande pour des salles d’opération protégées
Hermann Gröhe, nouveau président du Deutsches Rotes Kreuz et ancien ministre de la Santé, a préconisé d’équiper certains hôpitaux allemands de salles d’opération renforcées, capables de fonctionner même en cas de conflit armé. Dans un entretien à la Rheinische Post, il a pris pour exemple une installation israélienne disposant de blocs opératoires en sous-sol protégés.
• Ukraine : aucun plan de paix en vue
Il convient de signaler que la situation en Ukraine reste instable et sans perspective claire de résolution rapide du conflit, les événements évoluant quotidiennement. L’agression russe ne montre pas de signe d’arrêt prochain.
Je souhaite à tous les lecteurs une transition paisible vers la nouvelle année et un bon début d’année 2026. Rendez-vous dans nos prochains rendez-vous pour continuer à décrypter ensemble les évolutions de la défense et de la sécurité internationales.