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Dans une révélation majeure qui pourrait modifier les équilibres aériens en Asie du Sud, la Chine aurait accepté une demande indienne de haut niveau visant à différer la livraison de ses avions de combat furtifs avancés J-35 au Pakistan d’au moins trois à quatre ans. Cette information, divulguée par un analyste japonais réputé dans un récent podcast et fondée sur des sources de renseignement, alimente les spéculations quant à d’éventuelles tensions dans l’alliance « tous azimuts » entre Pékin et Islamabad.

La controverse s’intensifie après l’annonce brève de la direction pakistanaise concernant l’acquisition de 40 appareils J-35A, rapidement retirée, tandis que les analystes pakistanais, autrefois très actifs sur les livraisons attendues fin 2025, se sont soudain fait discrets. Ces signes laissent planer le doute sur une possible fracture dans ce partenariat stratégique.

Cette révélation provient d’un podcast animé par cet expert japonais anonyme, reconnu dans les cercles de défense pour sa connaissance approfondie de la région Asie de l’Est. Selon lui, des diplomates indiens auraient profité de discussions en coulisses, possiblement lors du sommet des BRICS à Kazan, pour demander à la Chine de retarder l’armement du Pakistan avec le J-35, un chasseur multirôle furtif de cinquième génération conçu pour les porte-avions, comparable au F-35 américain mais destiné à l’exportation. Ce report, estimé à 3-4 ans, repousserait ainsi toute livraison vers 2029 ou au-delà, offrant à l’Inde le temps d’accélérer ses propres programmes furtifs comme l’Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA).

Cette information n’est pas de simples rumeurs et a fait le tour des forums internationaux spécialisés en défense, portée par des analystes observant l’évolution du J-35. Présenté au salon aéronautique de Zhuhai en 2024, ce chasseur embarqué se distingue par ses capacités furtives, son radar AESA et ses soutes internes à armement, incarnant la volonté de la Chine de concurrencer les exportations occidentales dans ce domaine. En mai 2025, des annonces évoquaient des livraisons accélérées au Pakistan, présentées comme une sorte de « récompense » suite aux escarmouches à drones entre l’Inde et le Pakistan, avec un premier lot prévu pour la fin 2025.

La situation s’est complexifiée lorsque, en juin 2025, un message provenant supposément du bureau du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif confirmait l’achat de 40 chasseurs J-35A à prix réduit avec un paiement différé entre 2 et 3 milliards de dollars. Ce contrat était annoncé comme un tournant, permettant à l’Armée de l’air pakistanaise de rejoindre l’ère de la 5e génération avant le déploiement prévu de l’AMCA indien en 2035. Mais l’annonce a rapidement disparu des réseaux officiels, remplacée par des démentis catégoriques du ministre de la Défense Khawaja Asif, dénonçant de « simples rumeurs » et un « emballement médiatique ».

Cette volte-face s’accompagne d’un silence inhabituel de la part des experts en défense pakistanais, autrefois très loquaces sur les livraisons imminentes du J-35A, notamment dans les publications de l’Institut d’études stratégiques d’Islamabad. La presse et les réseaux sociaux ont eux aussi ressenti cette pause, avec des discussions sur Reddit et d’autres plateformes s’interrogeant sur l’arrêt des négociations et la disparition des habituels propos triomphants. Un analyste vétéran, sous couvert d’anonymat, a confié à idrw.org : « L’engouement s’est éteint du jour au lendemain. Ce n’est pas un simple déni, c’est une diversion – le Pakistan joue la montre, ou alors c’est la Chine qui a coupé les ponts. »

Pourquoi la Chine, alliée fidèle et principal fournisseur d’armes du Pakistan, aurait-elle donné suite à une telle requête ? L’analyste japonais suggère un contexte plus sombre, marqué par une perte de confiance. En juin 2024, un officier du renseignement pakistanais ISI aurait été torturé puis exécuté à Pékin pour avoir vendu des plans du JF-17 Thunder à Taïwan contre 6 millions de dollars. Ce scandale a révélé des failles dans le transfert technologique sino-pakistanais. Selon les sources, les services de renseignement chinois considèrent désormais certains éléments dans le complexe militaire-intelligence pakistanais comme compromis, avec des fuites potentielles vers les États-Unis, notamment à travers les relations croissantes entre le général Asim Munir, chef de l’armée pakistanaise, et Washington. Ce sentiment de trahison, dans un contexte de tensions au détroit de Taïwan, alerte Pékin, craignant que des informations sur le J-35 ne se retrouvent entre les mains d’adversaires comme les États-Unis ou même l’Inde.

Sur le plan géopolitique, la Chine avance prudemment face à l’Inde. Après l’incident de Galwan en 2020, les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint 135 milliards de dollars en 2024, largement supérieurs aux 20 milliards du corridor économique Chine-Pakistan (CPEC). Un escalade par la livraison des J-35 risquerait de provoquer une réaction du QUAD, notamment des sanctions sur les technologies à double usage, ou de compromettre les accords de désescalade des frontières renouvelés en octobre 2025. Pékin, fragilisé économiquement par les tarifs américains et un ralentissement intérieur, ne peut se permettre de s’ouvrir un conflit sur deux fronts. Comme l’a résumé un expert basé à Tokyo dans le podcast, « la Chine joue une partie d’échecs en quatre dimensions : retarder les jets pour apaiser l’Inde, tester la fidélité du Pakistan et privilégier la flotte de porte-avions de l’APL plutôt que les exportations. »

Par ailleurs, le J-35 lui-même n’est pas encore prêt pour une production de masse. Confronté à des problèmes de moteur WS-19 et à des difficultés d’intégration, seuls des prototypes ont passé avec succès des essais sur porte-avions avec le Liaoning. Livrer 40 appareils au Pakistan d’ici 2025 relevait de l’optimisme, ce report offre une sortie honorable en masquant des problèmes internes sous un vernis diplomatique.

Si cette information se confirme, elle marque une possible fracture croissante dans l’axe sino-pakistanais, jadis consolidé par le CPEC et les exercices militaires conjoints. Les démentis pakistanais pourraient résulter des exigences chinoises pour des garanties renforcées quant à l’usage final des matériels, rappelant les dispositifs de surveillance américains sur les F-16 pour prévenir le vol de technologies. Dans un contexte de contraintes budgétaires et de négociations auprès du FMI américain, le Pakistan pourrait revoir sa stratégie, avec des rumeurs évoquant une reprise des discussions pour la modernisation des F-16 ou même des Mirage-5 comme solutions transitoires.

Pour l’Inde, cette pause est une bouffée d’oxygène. L’Indian Air Force, qui compte 31 escadrons contre une capacité autorisée de 42, peut poursuivre l’intégration du Rafale-M pour le porte-avions Vikrant et accélérer le développement du Tejas Mk2. Néanmoins, la vigilance reste de mise : la flotte pakistanaise en J-10C (36 déjà livrés et plusieurs en cours) fait déjà pencher la balance à courte portée, et une éventuelle arrivée du J-35 pourrait encore bouleverser l’équilibre stratégique régional.