Dans la nuit, la Russie a mené une importante attaque par missiles contre l’Ukraine, touchant notamment un hôpital à Kharkiv ainsi que plusieurs infrastructures énergétiques et militaires. Trois villages ont été pris par les forces russes, mais ces avancées se sont accompagnées de lourdes pertes humaines et matérielles.
Une frappe massive sur des infrastructures essentielles
Au cours de la nuit, la Russie a lancé une offensive de grande ampleur, utilisant un ensemble diversifié de missiles : croisière, balistiques et hypersoniques. Cette attaque a gravement endommagé quatre centrales électriques, mettant à mal le réseau énergétique ukrainien. Un hôpital situé à Kharkiv a également été ciblé, provoquant des dégâts significatifs mais évitant une destruction complète.
Selon les autorités régionales de Kharkiv, le bombardement a causé des blessures à une femme de 53 ans, alors que 60 patients et 5 membres du personnel hospitalier se trouvaient dans l’établissement au moment des frappes. Les fenêtres, la toiture et les locaux intérieurs ont été endommagés, tout comme plusieurs bâtiments annexes et les installations de chauffage.
Un arsenal varié déployé par la Russie
Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a tiré dans cette attaque :
- 9 missiles de croisière Ch-101/555 depuis des bombardiers stratégiques Tu-95 Bear,
- 9 missiles de croisière à courte portée Ch-59/Ch-69,
- 2 missiles sol-air S-300 adaptés à un usage anti-sol,
- 2 missiles balistiques Iskander-K depuis la Crimée occupée,
- 4 missiles hypersoniques Kinzhal lancés depuis des Mig-31K,
- 8 missiles Kalibr tirés depuis la mer Noire, probablement depuis deux sous-marins russes récemment signalés.
Les défenses ukrainiennes ont abattu une grande partie de ces missiles : 6 sur 9 Ch-101/555, 8 sur 9 Ch-59/69, 1 Iskander-K sur 2, et 6 sur 8 Kalibr.
Contre-attaques ukrainiennes sur des installations russes
En riposte, l’Ukraine a bombardé plusieurs cibles en territoire russe, notamment une base aérienne, ainsi que trois raffineries ou installations de traitement pétrolier dans la région du Krai de Krasnodar. L’une de ces raffineries, située à Illsk, a été lourdement touchée, tout comme celle de Slovyansk, dont la production est désormais partiellement stoppée, probablement proche d’une interruption totale.
Au total, environ dix drones ont frappé la raffinerie de Slovyansk, tandis que la base aérienne de Krasnodar a également été visée. Plusieurs autres installations pétrolières et ciblées ont subi des dégâts conséquents.
Les forces russes affirment avoir abattu 66 drones, bien qu’il soit courant que les forces ennemies comptabilisent comme « abattus » les drones qui ont atteint leur cible, car ils ne peuvent plus être récupérés. Des images diffusées montrent en tout cas un impact sévère sur les infrastructures visées.
Avancées territoriales russes coûteuses
La Russie a proclamé la prise de trois villages, dont Otjertyne, Semenivka et Solovyonve, situés dans la région autour d’Avdiivka. Ces gains territoriaux ont été réalisés malgré des pertes très lourdes pour les forces russes : environ 1 124 soldats tués ou blessés, ainsi que la destruction de 38 pièces d’artillerie obusiers, 6 chars de combat, 14 véhicules blindés de type transport de troupes ou véhicules de combat motorisés, 3 systèmes de défense antiaérienne lourds, 35 véhicules de transport et 6 équipements spécialisés.
Ces pertes suggèrent que les opérations russes dans la zone ont principalement reposé sur l’infanterie, avec un usage limité de blindés ou d’artillerie lourde.
Un changement possible dans la tactique ukrainienne
La concentration des frappes ukrainiennes sur plusieurs objectifs clés dans le Krai de Krasnodar, notamment deux raffineries et une base aérienne, semble indiquer une évolution tactique. Cette région, voisine de l’Ukraine, joue un rôle stratégique essentiel en fournissant carburant aux territoires occupés en Crimée et dans le sud de l’Ukraine, tout en abritant un important port d’exportation sur la mer Noire.
Soit la défense aérienne russe dans la région est insuffisante, soit les Ukrainiens ont réussi à saturer le dispositif russe, comme le laissent penser les succès de leur offensive par drones.
Autres faits et déclarations
− L’attaque sur les infrastructures énergétiques a impliqué 34 missiles au total, sans recours aux missiles Shahed visant à saturer les défenses aériennes ukrainiennes.
− Une vidéo montre un avion d’entrainement ukrainien Yak-52 abattant un drone de reconnaissance russe Orlan-10 au-dessus d’Odessa, preuve de tactiques innovantes.
− Selon Kyiv Independent, la sécurité ukrainienne (SBU) serait à l’origine des attaques sur les raffineries et la base aérienne dans le Krai de Krasnodar.
− De plus, l’Espagne a annoncé l’envoi de missiles Patriot à l’Ukraine, renforçant la défense antiaérienne ukrainienne, ainsi que la livraison prochaine d’artillerie, d’armes légères et de matériel médical.
− L’Australie a également augmenté son aide militaire avec un nouveau paquet d’un montant de 100 millions de dollars américains, incluant du matériel antiaérien à courte portée, des drones et de l’équipement de soutien.
− Enfin, des collectes de fonds sont en cours pour financer l’achat de véhicules tout-terrain destinés aux unités ukrainiennes opérant en terrain difficile.
Contexte des pertes russo-ukrainiennes
Le ministère britannique de la Défense estime que les pertes russes depuis le début du conflit s’élèvent à environ 450 000 soldats tués ou blessés, 10 000 véhicules blindés dont 3 000 chars, 109 avions, 136 hélicoptères, 23 navires de guerre et 1 500 systèmes d’artillerie. Les chiffres ukrainiens, rapportés ce même jour, sont plus élevés concernant le matériel mais proches en termes de pertes humaines.
La divergence sur les pertes d’artillerie pourrait s’expliquer par des difficultés à confirmer visuellement toutes les destructions, ainsi que par la sous-estimation probable des ressources d’artillerie dans les analyses ouvertes.
Manifestations politiques en Suède
Dans un contexte politique européen tendu, le leader du parti suédois des Démocrates de Suède (SD), Jimmie Åkesson, a déclaré que le soutien suédois à l’Ukraine devait être limité, invoquant le besoin de prioriser les intérêts nationaux. Toutefois, il a maintenu que ce soutien reste une expression de solidarité. Cette position contraste avec l’historique du parti, qui a affiché par le passé des sympathies pour le régime russe.
Situation sur le terrain
La prise des villages mentionnés illustre la pression russe continue autour des lignes de front, notamment près d’Avdiivka et entre Bakhmout et Tjasiv Jar. Malgré ces gains tactiques, les pertes encourues freinent considérablement l’avancée des forces russes.
En synthèse, cette attaque russe massive met en lumière l’intensité et la complexité du conflit, entre frappes stratégiques sur les infrastructures, ripostes ciblées ukrainiennes et lourdes pertes sur le terrain. Le jeu offensif des deux camps reste dynamique, marqué par des évolutions tactiques constantes et un engagement international croissant aux côtés de l’Ukraine.
Slava Ukraini! Heroiam slava! Razom, do peremohi!