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Un média d’État chinois a diffusé un extrait vidéo dévoilant ce qui semble être une discussion de formation entre pilotes de chasse de l’Armée de l’air populaire de libération (PLAAF). L’image, loin d’être un simple hasard, paraît soigneusement mise en scène pour refléter la doctrine opérationnelle sans révéler d’informations sensibles. Au centre du plan figure un tableau blanc présentant un scénario fictif d’affrontement aérien opposant huit J-16 à six Rafale.

Une analyse attentive du tableau révèle un mélange de caractères chinois, de termes en anglais et de croquis tactiques sommaires. En haut à droite, le mot anglais « THREAT » est nettement inscrit, accompagné des caractères chinois « 威胁 » (wēixié), signifiant menace. Cela établit le cadre de l’exercice : l’identification et la gestion d’une force adverse entrante.

À côté de cette étiquette figure la mention « 阵风 ×6 ». « 阵风 » (Zhènfēng) est la translittération standard utilisée en Chine pour désigner le chasseur Dassault Rafale. Le « ×6 » indique la présence de six appareils. Il ne fait donc aucun doute que la force adverse dans ce scénario est composée de six Rafale.

Sur le côté gauche, sous ce qui semble être la colonne des forces amies ou des missions, on lit « 歼-16 ×8 », ce qui signifie huit chasseurs J-16. Bien que partiellement masquée, la mention correspond à la notation habituelle de la PLAAF, où « 歼 » (Jiān) désigne un avion de chasse.

Le croquis représente un espace aérien simplifié avec une ligne de démarcation courbe – probablement la couverture radar ou une zone défendue. Un petit symbole d’avion rouge approche de cette frontière, suggérant un profil d’entrée des avions adverses. Ce schéma basique mais intentionnel laisse penser à un combat à longue portée ou à une phase initiale d’engagement, plutôt qu’à un combat rapproché.

Le tableau ne précise pas les types de missiles, les modes radar, ni les détails des liaisons de données. L’analyse porte principalement sur les effectifs, la géométrie et la reconnaissance de la menace, ce qui indique que cette séquence vise à projeter assurance et supériorité conceptuelle sans dévoiler de techniques classifiées.

Le choix du Rafale est particulièrement pertinent. Cet avion de 4,5 génération est l’un des plus performants en service dans le monde et est utilisé notamment par l’Indian Air Force (IAF). Présenter un scénario opposant huit J-16 à six Rafale montre une volonté chinoise d’affirmer une supériorité numérique et organisationnelle plutôt qu’une dominance technique nette.

Le message sous-jacent est clair : même face à un chasseur occidental réputé, la PLAAF estime que la composition des forces, la coordination et la planification stratégique peuvent faire pencher la balance.

Rien dans la vidéo ne compromet la sécurité opérationnelle réelle. Les termes employés sont généraux, le schéma abstrait, et les chiffres semblent plus illustratifs que précis. Tout laisse penser que cette « fuite » est intentionnelle, constituant un acte de communication stratégique envers un public extérieur.

En montrant des personnels de la PLAAF analysant calmement une menace centrée sur le Rafale, les médias chinois affirment que ce type de confrontation est déjà étudié, répété et intégré au système d’entraînement de leurs forces aériennes.

Ce cas s’inscrit dans une tendance plus large de transparence contrôlée par les médias d’État chinois, qui diffusent des images soigneusement choisies pour façonner la perception plutôt que pour livrer des informations détaillées. Le message ne porte pas tant sur l’issue d’un affrontement huit contre six que sur la préparation, la confiance et le positionnement au niveau des meilleurs chasseurs occidentaux.