Le président américain Donald Trump a annoncé son intention de poursuivre les déploiements controversés de la Garde nationale dans des villes dirigées par les démocrates, en planifiant notamment une opération à La Nouvelle-Orléans. Cette semaine devait débuter une nouvelle grande opération des autorités fédérales visant les immigrants en situation irrégulière. La première mobilisation de la Garde nationale sous commandement fédéral avait été ordonnée en juin lors de descentes contre ces populations à Los Angeles, justifiée par l’administration Trump en raison des protestations suscitées. Un dispositif similaire avait été mis en place à Chicago. Toutefois, dans les deux cas, les tribunaux avaient jugé ces interventions illégales.
Concernant La Nouvelle-Orléans, le gouverneur républicain de Louisiane, Jeff Landry, avait demandé en septembre à Trump le déploiement, financé par le gouvernement fédéral, de jusqu’à 1 000 gardes nationaux, notamment dans la capitale Baton Rouge ainsi qu’à Shreveport, afin de soutenir les forces de police locales face à une criminalité élevée. Selon Landry, leur arrivée est attendue avant Noël. Une situation comparable s’est déjà produite à Memphis, avec l’accord du gouverneur républicain du Tennessee. Ce déploiement suscite moins de controverses, bien qu’un tribunal ait émis une injonction provisoire à la demande de la ville.

Attentat contre la Garde nationale à Washington
À Washington D.C., où Trump avait ordonné en août un déploiement dans le cadre de ses prérogatives dans le district fédéral, également justifié par un prétendu taux élevé de criminalité, un attentat contre des membres de la Garde nationale a eu lieu mercredi dernier. Un Afghane de 29 ans, qui aurait travaillé pour la CIA comme agent local durant la guerre en Afghanistan et était arrivé aux États-Unis après le retrait américain de 2021, a ouvert le feu à l’arme de poing depuis une embuscade sur un groupe de gardes originaires de Virginie-Occidentale, près de la Maison Blanche.
Il a mortellement blessé une militaire policière de 20 ans avant d’utiliser son arme de service pour tirer sur un autre soldat, puis a été lui-même abattu et maîtrisé. La seconde victime, un sergent-chef de la Force aérienne âgé de 24 ans, reste dans un état critique suite à une blessure à la tête. Le suspect a été inculpé pour meurtre et attaques violentes. Placé en hôpital, il a plaidé non coupable mardi. Ses motivations demeurent floues, les victimes ayant apparemment été choisies au hasard après une longue errance en ville.
L’attentat rapidement politisé
Dans le climat polarisé actuel aux États-Unis, l’attentat a été immédiatement politisé. L’administration Trump a tenu la précédente administration de Joe Biden responsable du chaos lié à la gestion du retrait d’Afghanistan et du programme d’accueil des agents locaux, rappelant que la demande d’asile du tireur avait été approuvée cette année sous Trump. Le lendemain, le président suspendait tous les processus d’immigration et d’asile pour les citoyens de 19 pays en Afrique, en Asie et en Amérique latine.
D’un autre côté, le gouvernement a vivement réagi aux critiques affirmant que sans la présence de la Garde nationale à Washington, l’attentat n’aurait pas eu lieu. Bien que le déploiement ait été justifié par le taux de criminalité, nombre de gardes étaient en fait employés à des travaux de nettoyage urbain et d’entretien des espaces verts. Une juge fédérale avait ordonné, à la demande de la ville, la fin immédiate de cette mission, décision suspendue temporairement pour permettre un appel.
Si cette décision est maintenue, le décès et la grave blessure des gardes nationaux rendraient politiquement et juridiquement plus vulnérable l’administration Trump. Le fait que le président ait lancé, deux jours après l’attentat, un plan manifestement désordonné visant à annuler automatiquement toutes les décisions signées par son prédécesseur Joe Biden pourrait refléter la prise de conscience de ces risques.
Stefan Axel Boes