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Après avoir remporté le contrat historique de fourniture de 31 drones MQ-9B SeaGuardian aux forces armées indiennes, le géant américain de l’aérospatial General Atomics (GA) se positionne désormais sur une nouvelle opportunité majeure en Inde : les systèmes de combat collaboratifs pour l’Armée de l’air indienne.

Selon des informations obtenues, les responsables de GA ont manifesté un vif intérêt pour le Gambit-2, une plateforme avancée de drone de combat sans pilote (UAV), tout en étant prêts à proposer leur drone à hélice pour répondre à la demande de l’IAF portant sur 87 UAV MALE (Moyenne Altitude, Longue Endurance) ainsi que pour les futurs programmes de « loyal wingman ».

Contrairement au MQ-9B, optimisé pour les missions de reconnaissance et d’attaque, le Gambit-2 bénéficie d’une conception aérodynamique spécifiquement pensée pour le combat aérien. Cette configuration lui permet d’intégrer des armes air-air, conférant ainsi des capacités bien supérieures à celles des drones traditionnels de surveillance.

Le Gambit-2, par rapport à son prédécesseur Gambit 1 orienté exclusivement ISR, sacrifie une partie de son endurance (environ 25–30 heures contre plus de 40 heures) au profit d’une ligne extérieure repensée pour une faible observabilité radar, une vitesse de pointe accrue (Mach 0,85+) et des baies internes pour armement. Surtout, il s’agit du premier modèle de GA-ASI conçu dès l’origine pour emporter et utiliser des missiles air-air tels que l’AIM-120D AMRAAM, l’AIM-9X Block II, voire l’Astra Mk2/Mk3 indien.

Déployés comme « loyal wingmen » en accompagnement des chasseurs Tejas Mk2, Rafale ou futurs AMCA, les drones Gambit-2 permettraient d’augmenter considérablement la capacité d’emport de munitions, de jouer un rôle avancé en tant que capteurs déportés, et, en cas d’urgence, d’intervenir directement contre des avions ennemis ou des missiles entrants. General Atomics décrit ce concept comme une alliance « d’armement de masse abordable à des capacités haut de gamme », autorisant un pilote à contrôler de quatre à six Gambit via des liaisons de données sécurisées, à faible latence, et une autonomie assistée par intelligence artificielle.

Pour séduire davantage, GA-ASI propose un ambitieux partenariat « Make in India » avec un transfert pouvant atteindre 60 à 70 % de la production des cellules et des sous-systèmes à un partenaire privé indien. L’assemblage final, l’intégration des équipements avioniques et les essais en vol seraient assurés dans une nouvelle installation indienne, suivant le modèle déjà proposé pour le MQ-9B.

Les sources indiquent que la famille Gambit partage une architecture commune d’avionique et de logiciel avec le MQ-9B, minimisant ainsi les risques d’intégration et facilitant la formation des opérateurs indiens. Une escadrille de Gambit-2 pourrait s’appuyer sur les mêmes bases avancées déjà déployées pour les MQ-9B, avec des stations de contrôle au sol et des systèmes de communication satellitaire identiques.

La proposition Gambit est pensée comme une évolution naturelle au-delà du MQ-9B. Les opérateurs indiens pourraient d’abord acquérir une expérience opérationnelle de plusieurs décennies avec la plateforme HALE (haute altitude longue endurance) pour l’ISR, la patrouille maritime et les frappes de précision, puis transférer ces savoir-faire, infrastructures et concepts d’emploi vers la gamme Gambit, plus rapide, furtive et interconnectée.

Si ce programme est retenu, Gambit-2 placerait l’Inde dans la course aux systèmes CCA (Collaborative Combat Aircraft) actuellement dominée par l’écosystème NGAD de l’US Air Force (avec notamment Boeing Ghost Bat, General Atomics XQ-67A/Gambit, Anduril Fury, Kratos XQ-58 Valkyrie). Cette démarche offrirait à New Delhi un avantage stratégique significatif face à ses rivaux régionaux, qui sont encore loin de déployer des drones de combat autonomes comparables.