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La Grèce et l’Italie ont officialisé un accord qui ouvre la voie à la livraison de deux frégates italiennes FREMM de la classe Bergamini, avec une option pour deux supplémentaires. Cette démarche vise à accélérer la modernisation de la flotte grecque tout en renforçant la défense aérienne de l’OTAN et la dissuasion dans la région sensible du bassin méditerranéen oriental.

Lors d’une visite à La Spezia, le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, a annoncé un plan concret pour que la Marine hellénique prenne en charge jusqu’à quatre frégates italiennes FREMM de la classe Bergamini. Ce projet, formalisé par un Mémorandum de coopération et une Déclaration d’intentions signés avec son homologue italien Guido Crosetto à bord d’une frégate de la marine italienne, prévoit initialement la livraison de deux unités, avec une option pour deux autres.

Dendias a précisé que cette acquisition s’inscrit dans une modernisation plus large incluant également le programme français Belharra. Il a souligné que la Grèce envisage d’équiper ces FREMM du système de missiles sol-air nouvelle génération « ELSA », identique à celui prévu pour les Belharra, une configuration jugée réalisable par l’industrie.

La classe Bergamini offre à la Grèce un navire de combat hauturier, immédiatement opérationnel, doté d’une logistique éprouvée et d’une expérience extensive dans les opérations menées sous l’égide de l’OTAN.

Développées dans le cadre du programme multinationale FREMM, ces frégates italiennes mesurent 144 mètres, déplacent environ 6 500 tonnes à pleine charge et disposent d’un système de propulsion CODLAG silencieux. Elles peuvent atteindre environ 27 nœuds et possèdent une autonomie supérieure à 6 000 milles nautiques à vitesse de croisière. Deux variantes coexistent au sein de la marine italienne : une version polyvalente optimisée pour les missions d’attaque et de sécurité maritime, et une autre spécialisée dans la guerre anti-sous-marine (ASM) avec un système acoustique renforcé.

Les deux versions reposent sur un système de combat développé par Leonardo, intégrant un radar multifonction AESA et un système de guerre électronique conçu pour évoluer dans les environnements électromagnétiques saturés du pourtour méditerranéen.

L’armement principal comprend des cellules de lancement vertical équipées de missiles MBDA Aster, sous le système de défense aérienne SAAM ESD, utilisant typiquement les Aster 15 et Aster 30 pour la protection de la zone proche. Les frégates embarquent également huit missiles antinavires Teseo pour le contrôle maritime et l’appui aux frappes terrestres, un canon principal de 127 mm capable de tirer des munitions de précision Vulcano, un canon Super Rapid de 76 mm avec des projectiles guidés Strales pour la défense antiaérienne rapprochée, ainsi que des torpilles MU90 lancées depuis des tubes doubles.

Le dispositif aviation supporte un hélicoptère anti-sous-marin imposant, tel que le NH90 ou l’EH101, avec hangar, sonar plongeant et une capacité conséquente en torpilles. Ce facteur est déterminant pour les opérations grecques dans les points sensibles de la mer Égée et de la Méditerranée orientale.

Pour la Marine grecque, la réception de deux frégates FREMM dotées de missiles antinavires comblera une lacune en matière de couverture aérienne et de maîtrise de la surface, alors que la classe Elli, ancienne génération, vieillit et que la première frégate Belharra entre en service. Le missile Aster 30 offrira une défense aérienne fiable de moyenne portée pour les groupes navals, tandis que le canon de 127 mm permettra un appui-feu naval précis, essentiel dans les contextes insulaires demandant des frappes rapides et à distance.

La variante ASM, dotée d’une signature acoustique réduite, d’un sonar de coque et d’un système remorqué, renforcera les capacités à détecter et à contrer les sous-marins non-OTAN, de plus en plus silencieux, opérant entre la mer Noire et le Levant. Avec un pont d’envol étendu et un système de combat moderne, ces frégates pourront aussi assurer des rôles de navire amiral pour la sécurité maritime, l’application d’embargos et les patrouilles de dissuasion nécessitant des capteurs performants et des espaces de commandement robustes.

Sur le plan politique, cette stratégie « 2+2 » s’inscrit dans le cadre du plan de défense grec évalué à près de 28 milliards d’euros sur la décennie, permettant ainsi une répartition maîtrisée des dépenses et un maintien des capacités opérationnelles dans les délais prévus. Elle complète la décision d’acquérir un quatrième Belharra et de rechercher de nouveaux sous-marins, tout en renforçant la coopération stratégique entre Athènes et Rome, déjà bien engagée en matière de production de défense et de préparation de la flotte.