Hindustan Aeronautics Limited (HAL) accélère la production du chasseur léger Tejas MkII en anticipant son lancement et en prévoyant, dès 2034, trois lignes de fabrication dédiées pour produire 24 appareils par an. Cette initiative vise à renforcer rapidement la capacité de combat de l’Armée de l’air indienne tout en optimisant les installations existantes.
Dans un effort audacieux pour réduire les délais entre développement et livraison, HAL envisage de démarrer une production à l’échelle limitée du Tejas MkII avant même que l’avion ne soit intégralement certifié. Pour soutenir cette montée en cadence agressive, l’industriel doit mettre en place au moins trois lignes de production dédiées dès le passage à la fabrication en série, en réaffectant les infrastructures inactives du programme Tejas Mk1A après 2033.
Cette stratégie ambitionne d’atteindre un rythme de fabrication de 24 exemplaires par an dès la deuxième année de production, soit à partir de 2034. Cela contraste avec la montée en puissance progressive du Mk1A, garantissant une livraison plus rapide des 120 appareils commandés par l’Armée de l’air indienne, avec une possibilité d’extension jusqu’à 200 avions.
Le Tejas MkII, chasseur multi-rôle de 4,5e génération pesant 17,5 tonnes, est motorisé par des réacteurs GE F414 et équipé du radar AESA Uttam. Il constitue une avancée majeure dans l’écosystème aéronautique indien. Le prototype est attendu fin 2025, avec un premier vol programmé début 2026, répondant à l’urgence de l’IAF de renouveler ses flottes vieillissantes, alors qu’elle souffre actuellement d’un déficit de 11 escadrons.
Le développement repose sur une transition fluide depuis le Mk1A, dont la production sera arrêtée en 2033. Selon les contrats en vigueur – 83 avions commandés en 2021 puis 97 supplémentaires en 2025, pour un total de 180 appareils – les trois lignes de production (dont deux à Bengaluru et une à Nashik) devraient achever leur fabrication au même moment, laissant ces installations disponibles pour le MkII.
« Les trois lignes vacantes du Tejas Mk1A seront adaptées pour la production du Tejas MkII », confirment des sources industrielles, soulignant que les modifications seront limitées grâce à la similarité des baies avioniques et des gabarits composites entre les deux versions.
La troisième ligne de Nashik, inaugurée en octobre 2025, permet déjà d’augmenter le rythme du Mk1A de huit avions supplémentaires par an, atteignant ainsi une capacité totale de 24 unités annuelles entre 2026 et 2027. Après 2033, ces installations — qui couvrent l’assemblage final, les essais en vol et la maintenance — seront reconverties au MkII. Cette évolution intégrera des améliorations comme l’ajout de plans canards et des pylônes d’armes plus volumineux. Le coût de cette reconversion est estimé entre 500 et 700 crores de roupies (environ 60 à 85 millions d’euros), avec le concours du secteur privé, notamment des entreprises telles que L&T et Dynamatic Technologies, constituant une « quatrième ligne virtuelle » pour assurer la continuité des chaînes d’approvisionnement.
Contrairement au Mk1A, dont la montée en cadence a été progressive — huit unités par an initialement, puis 16 en 2024, et désormais 24 prévus dès 2026-2027 malgré des retards liés aux moteurs GE F414 —, le MkII a été conçu pour accélérer la production dès son lancement. « Le Tejas MkII sera capable d’atteindre un rythme de 24 appareils par an dès la deuxième année de production à partir de 2034, afin de fluidifier les commandes et livraisons », précise une source, attribuant ce gain d’efficacité à la maturité des outillages hérités du Mk1A et aux investissements parallèles dans le secteur privé.
Ce cadencement de 24 avions par an — supérieur aux projections initiales situées entre 16 et 18 unités — permettra de livrer l’intégralité des 120 appareils commandés d’ici 2037, tout en laissant la porte ouverte aux 80 avions supplémentaires (quatre escadrons) que l’IAF envisage. HAL nourrit même des ambitions plus élevées, espérant atteindre 30 unités par an dès 2028 dans des scénarios optimistes, soutenus par des efforts d’exportation vers seize pays.