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Dans une stratégie visant à accélérer le calendrier du programme de l’avion de combat léger (LCA) Tejas Mk2, Hindustan Aeronautics Limited (HAL) a lancé un contrat d’externalisation sur trois ans pour la réalisation de tests critiques, la certification EMI/EMC, ainsi que le développement avancé des antennes de l’appareil. Ce programme vise à garantir la compatibilité électromagnétique des systèmes avioniques et de communication du Tejas Mk2, dans un contexte de guerre électronique de plus en plus complexe. En faisant appel à des compétences externes, HAL entend réduire les retards de développement, renforcer les capacités indigènes et accélérer l’intégration de ce chasseur de 4,5e génération au sein de l’Indian Air Force (IAF).

Ce cadre d’externalisation concerne un ensemble complet de prestations : tests et certifications Electromagnetic Interference/Electromagnetic Compatibility (EMI/EMC) pour le LCA AF Mk2, ainsi que le développement, l’intégration, le positionnement et l’analyse des diagrammes de rayonnement des antennes. Cette démarche répond aux défis complexes de la conception des avions modernes, où l’intégration dense de systèmes électroniques — du radar aux brouilleurs — impose une protection rigoureuse pour éviter toute interférence pouvant compromettre les performances opérationnelles en mission.

Les entreprises contractantes prendront en charge l’ensemble des étapes, depuis les simulations en laboratoire jusqu’aux validations en conditions réelles sur la ligne de vol, en respectant les normes MIL-STD-461 et RTCA/DO-160 adaptées aux opérations à haute altitude et supersoniques. Cette planification sur trois ans s’aligne avec le déploiement des prototypes Mk2, dont la fabrication et les premiers vols sont attendus au premier trimestre 2026. Ce modèle d’externalisation allège la charge de travail croissante de HAL tout en introduisant l’innovation du secteur privé, dans le cadre du programme Atmanirbhar Bharat favorisant l’autonomie stratégique.

La certification EMI/EMC constitue le cœur du contrat, vérifiant que les sous-systèmes du Tejas Mk2 — notamment le radar AESA Uttam, les calculateurs de mission et les suites de guerre électronique — cohabitent sans interférences ni vulnérabilités aux menaces externes. Les tests simuleront des conditions réalistes : émissions conduites sur les lignes d’alimentation, susceptibilité radiée face aux brouilleurs ennemis, et transitoires dus à la foudre lors des patrouilles en zone himalayenne.

Les essais incluront des campagnes en chambre anéchoïque avec des maquettes à l’échelle réelle, suivies de validations en vol après intégration. Cette approche proactive permet d’éviter les obstacles à la certification qui ont affecté les versions précédentes du Tejas, assurant une interopérabilité optimale avec les réseaux de l’IAF et les plateformes alliées. Par ailleurs, HAL pourra se concentrer sur les avancées majeures du système porteur, telles que l’intégration des plans canards et du moteur GE F414, tout en maintenant les exigences strictes du Département de la Défense indien.

Un volet crucial du contrat concerne l’évolution de l’écosystème des antennes, où les antennes omnidirectionnelles à lame subissent des déformations notoires une fois installées sur l’appareil. La géométrie asymétrique du Tejas Mk2 et la surface restreinte de la base métallique — caractéristiques de sa conception delta compacte — modifient les diagrammes de rayonnement, pouvant réduire la portée des communications ou la précision GPS jusqu’à 30 % dans les cas de distorsion importante.

Pour remédier à ces effets, le contrat impose des simulations computationnelles préalables à l’installation, utilisant une modélisation 3D précise et des propriétés des matériaux (constantes diélectriques des composites notamment). Après installation, des modèles complets de l’avion seront analysés via le solveur électromagnétique FEKO, afin de prédire les diagrammes en champ lointain sous différentes conditions de vol, comme la vitesse supersonique et les inclinaisons en virage. Ce processus de prototypage virtuel limite ainsi les essais physiques, réduisant les coûts de 40 % et gagnant plusieurs mois sur le calendrier.

La flotte Mk2 bénéficiera d’une suite d’antennes robuste, optimisée pour des opérations multispectrales :

Type d’antenne Fonction Bande de fréquence Défi principal traité
V/UHF Communications voix/données 30-512 MHz Atténuation des distorsions omnidirectionnelles
VOR/ILS Aides à la navigation et à l’atterrissage 108-118 MHz Asymétrie du plan de masse
TACAN Navigation tactique aérienne 960-1215 MHz Modifications rapides des diagrammes à grande vitesse
IFF Identification ami/ennemi 1030/1090 MHz Intégrité du lien sécurisé
RADALT Altimètre radar 4,3 GHz Précision en basse altitude
GPS Système de positionnement global L1/L2 (1-2 GHz) Interférences multitrajets
UHF SATCOM Communications satellites 225-400 MHz Formation de faisceaux directionnels
RWR Récepteur d’alerte radar 0,5-18 GHz Sensibilité large bande
Brouilleur (Jammer) Contre-mesures électroniques Variable Compatibilité EMI en co-localisation

Les simulations orienteront le placement optimal des antennes — par exemple, les montages dorsaux pour la SATCOM afin d’éviter l’ombre portée de la cellule — garantissant une couverture à 360 degrés sans zones mortes.

Au-delà du développement, le contrat prévoit un support continu avec des mesures périodiques des patterns de rayonnement lors des maintenances de routine sur la ligne de vol. Grâce à des scanners portables en champ proche et des tentes anéchoïques, les prestataires établiront des bases de référence et suivront l’évolution des performances des antennes, détectant d’éventuelles dégradations liées à l’usure, aux impacts de foudre ou aux modifications. Ce régime « au fil du vol » s’intègre dans les protocoles de maintenance de l’IAF, minimisant les temps d’immobilisation et prolongeant la durée de vie des cellules au-delà de 6 000 heures.

Ces contrôles opérationnels, réalisés directement au sein des escadrons basés à Sulur et Jaisalmer, utiliseront des analyses pilotées par intelligence artificielle, participant à la maintenance prédictive et s’inscrivant dans la démarche numérique autour du jumeau numérique du Mk2.