Article de 602 mots ⏱️ 3 min de lecture

Hindustan Aeronautics Limited (HAL), premier fabricant aéronautique et de défense indien, accélère ses programmes ambitieux d’hélicoptères à voilure tournante. Un responsable de la société affiche un optimisme marqué quant à l’obtention, d’ici mars 2026, du feu vert du Cabinet Committee on Security (CCS) pour le projet d’Hélicoptère Polyvalent Indien (IMRH). Parallèlement, HAL investit ses propres ressources dans le développement du Deck-Based Multi-Role Helicopter (DBMRH), une version navale dérivée de l’IMRH, démontrant ainsi son engagement pour l’autonomie stratégique face aux priorités de défense en constante évolution.

Dans un entretien exclusif, ce responsable a souligné l’avancement constant des phases de maturation et de gel de la conception de l’IMRH, un hélicoptère moyen de 12 à 13 tonnes destiné à moderniser la flotte vieillissante de Mi-17 des forces armées indiennes. « Nous espérons obtenir l’approbation du CCS pour le programme IMRH d’ici mars 2026, la maturation et le gel de la conception progressant de manière régulière », a-t-il précisé. Ce calendrier s’inscrit dans la feuille de route globale de HAL qui vise à déployer un prototype en 2028, lancer des essais en vol intensifs à partir de 2029 et obtenir les certifications nécessaires d’ici 2031. L’objectif est d’engager la production en série au début des années 2030 afin de remplacer plus de 240 Mi-17 en service dans l’armée de terre, l’armée de l’air et la marine.

L’IMRH est conçu comme un hélicoptère polyvalent capable d’assurer le transport de troupes, la logistique, les missions de recherche et sauvetage, les opérations spéciales ainsi que la gestion des catastrophes. Il offre une capacité utile améliorée, avec jusqu’à 5 tonnes en interne, une autonomie supérieure à 800 km et une avionique avancée comprenant des cockpits numériques, des commandes de vol électriques (fly-by-wire) et une intégration avec des systèmes sans pilote. Propulsé par le turboshaft indo-français « Aravalli » développé avec Safran Helicopter Engines, l’appareil doit garantir une performance optimale par tous les temps et en environnements « hot and high », adaptés aux terrains diversifiés du sous-continent, des frontières himalayennes aux zones maritimes.

Simultanément, HAL s’est engagé à financer environ 30 % des coûts de conception et de développement du DBMRH, la version navale compatible avec les porte-avions indiens tels que l’INS Vikrant et le futur INS Vishal. Cette prise en charge interne, évaluée à plusieurs milliers de crores de roupies, illustre la démarche proactive de HAL en attendant le versement par le gouvernement indien des 70 % restants. « HAL a prévu de financer environ 30 % des coûts de design et développement du projet DBMRH sur ses propres ressources, le solde étant attendu du gouvernement indien après l’approbation finale du CCS pour la mise en œuvre complète », a confirmé le responsable.

Le DBMRH, qui reprend une cellule dérivée de l’IMRH, intègre cependant des caractéristiques spécifiques à l’environnement maritime : rotors pliables, matériaux résistants à la corrosion, systèmes automatiques de pliage des pales et train d’atterrissage renforcé pour les opérations sur pont. Capable d’intervenir dans la lutte anti-sous-marine, les frappes de surface et les missions utilitaires, ce double programme terre-mer vise à rationaliser les coûts et accélérer l’indigénisation. HAL a déjà commencé les travaux préliminaires en autofinancement afin d’atténuer les retards fréquemment rencontrés dans les programmes de défense.