Le constructeur aéronautique indien Hindustan Aeronautics Limited (HAL) a annoncé une avancée majeure dans son programme de chasseurs indigènes avec le Light Combat Aircraft (LCA) Tejas Mk-2. Dr. DK Sunil, président et directeur général de HAL, a indiqué que la certification du Tejas Mk-2 devrait être finalisée d’ici la fin de l’année 2030. Par ailleurs, HAL est prêt à lancer une production en série limitée (PSL) avant même l’obtention de la certification finale, sous réserve de l’autorisation de l’Indian Air Force (IAF).
Le premier vol du Tejas Mk-2 est prévu pour le début de l’année 2027, avec une production à grande échelle envisagée entre 2029 et 2030, une fois les tests et la certification réussis. Cette feuille de route reflète la confiance de HAL dans sa capacité à respecter les délais, en s’appuyant sur l’expérience acquise avec le programme Mk-1, ce qui devrait faciliter le développement et les essais du nouvel appareil.
La certification d’un avion de chasse requiert un processus rigoureux englobant de nombreux tests en vol, la validation des systèmes, ainsi que la conformité aux normes de navigabilité afin d’assurer la sécurité et la fiabilité opérationnelle. Pour le Tejas Mk-2, cette procédure inclura des essais sur la cellule, l’intégration du moteur, l’avionique et les systèmes d’armes dans diverses conditions opérationnelles. La prévision d’achever la certification en quatre ans après le premier vol est cohérente avec la complexité technique, notamment l’intégration du radar AESA Uttam et l’adaptation aux besoins spécifiques de l’IAF.
Dans une optique d’accélération des livraisons vers l’IAF, HAL propose de débuter la production en série limitée (PSL) avant la certification complète. Cette production restreinte consiste à fabriquer un petit lot d’appareils — généralement entre 8 et 16 unités — destinés à l’évaluation opérationnelle, à la formation des équipages et à un déploiement initial. Cela permettrait à l’IAF de se familiariser avec la plateforme tout en attendant la finalisation de la certification. Dr. Sunil a précisé que cette PSL pourrait commencer dès 2028, après des tests concluants des prototypes, sous réserve de l’accord de l’IAF. Cette méthode avait déjà été appliquée avec succès pour le Tejas Mk-1A, permettant une induction plus rapide dans les forces aériennes.
Malgré des objectifs ambitieux, le programme Mk-2 doit relever plusieurs défis, notamment l’intégration de technologies avancées, les essais en vol intensifs et la coordination avec des partenaires internationaux tels que General Electric, fournisseur du moteur F414. Des retards récents dans la livraison des moteurs F404 pour le Mk-1A ont mis en lumière la nécessité d’une chaîne d’approvisionnement fiable. En réponse, l’Inde évalue d’autres options, comme le moteur M88-4 de Safran. Néanmoins, la performance éprouvée du F414 et son intégration déjà réalisée avec le Mk-2 en font le choix privilégié. HAL et General Electric finalisent d’ailleurs les modalités de co-production dans le cadre d’un accord signé en 2023.
Démarrer la production en série limitée avant certification offre un avantage stratégique considérable, permettant à HAL de résoudre rapidement d’éventuels problèmes et de renforcer la confiance dans la nouvelle plateforme. Avec une part de composants indigènes supérieure à 65% et la participation active d’entreprises privées telles que Tata Advanced Systems et Larsen & Toubro, le programme Mk-2 consolide l’écosystème de défense indien, génère des emplois et stimule l’innovation technologique.