Lors d’une audition devant le comité de la Défense, le secrétaire à la Défense John Healey a été vivement interpellé par le député Jesse Norman, donnant lieu à un échange tendu autour de la transparence ministérielle, de la réactivité du ministère envers le Parlement, ainsi que du déploiement de la Revue stratégique de défense (SDR).
Jesse Norman a commencé en mettant en garde John Healey contre toute comparaison défavorable avec ses prédécesseurs, déclarant : « Ben Wallace était au moins aussi sérieux en tant que secrétaire d’État que vous ne l’êtes. »
Il a critiqué la réactivité décroissante du ministère de la Défense envers le Parlement, affirmant qu’elle avait « considérablement chuté », et a accusé le ministère de manquer de respect envers le rôle de contrôle du comité. « Si vous n’êtes pas prêt à [rendre des comptes], alors dites-le nous. Et si vous l’êtes, alors donnez-nous les dates et les informations », a-t-il exigé.
En réponse, John Healey a rejeté toute suggestion de critique dévalorisante, précisant : « Je ne cherche pas à dénigrer le gouvernement précédent. Je me contente de présenter des faits et de souligner des différences. » Il a ajouté : « Sur la question essentielle de la responsabilité ministérielle et du devoir de rendre compte au Parlement… vous et moi sommes parfaitement d’accord. »
La discussion s’est envenimée lorsque Norman a évoqué la lettre de Healey datée du 11 juillet, concernant les modalités du briefing sur la SDR. Selon lui, le secrétaire à la Défense avait évoqué un simple retard de deux heures dans l’accès aux documents en raison de problèmes liés à la salle de lecture, alors qu’en réalité « il n’y avait en fait aucune salle de lecture ». Norman a qualifié cette opération de communication de « fiasco » qui allait bien au-delà des seuls membres du comité, soulignant que « 21 interviews avaient été accordées aux médias avant même que le Parlement ne soit informé » et que des briefings avaient été tenus auprès des industriels avant les députés.
John Healey a nié toute inexactitude dans sa lettre, tout en reconnaissant un manque de procédures adéquates au sein du ministère. « Le ministère ne disposait pas d’une procédure systématique établie pour garantir que ceux qui doivent et devraient avoir accès aux informations le pouvaient effectivement », a-t-il déclaré. « J’ai désormais mis en place un système », a-t-il ajouté, confirmant que les changements avaient déjà été partagés avec le président de la Chambre des communes.
Ce nouveau dispositif s’appliquera aux grandes stratégies futures, notamment à la prochaine Stratégie industrielle de défense, afin d’assurer que « ceux qui représentent l’opposition au Parlement en matière de défense puissent s’attendre à recevoir des informations et des briefings » sur une base confidentielle.