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HD Hyundai Heavy Industries présente sa frégate multifonctions HDF-6000 comme plateforme principale dans le cadre de sa campagne pour le futur programme de combat de surface saoudien, lors de la Foire mondiale de la défense (WDS) à Riyad. Cette initiative met en avant non seulement un design moderne, mais aussi une offre globale centrée sur la construction navale locale, le transfert de technologie et le maintien en condition opérationnelle à long terme au sein du Royaume.

Le constructeur naval ne se limite pas à proposer un nouveau bâtiment de combat de surface, il établit également un cadre favorisant la construction locale, l’intégration technologique et le soutien à long terme, en accord avec les ambitions de l’Arabie saoudite visant à développer sa production nationale dans le domaine de la défense.

La WDS 2026 rassemblera plusieurs centaines d’entreprises de défense et délégations officielles, offrant une plateforme de visibilité majeure pour les fournisseurs souhaitant se positionner sur les prochains grands programmes d’armement. HD Hyundai Heavy Industries, accompagnée d’autres acteurs sud-coréens du secteur, présentera une présence nationale coordonnée soulignant sa capacité à fournir des solutions maritimes intégrées. Dans ce cadre, la HDF-6000 émerge clairement comme la candidate idéale pour équiper une nouvelle génération de grands combattants de surface destinés à la marine saoudienne.

La frégate HDF-6000 est décrite comme un bâtiment multifonctions d’environ 6 500 tonnes, conçu pour des opérations prolongées en haute mer. Selon les spécifications publiées, le navire mesure 150 mètres de long, 17,4 mètres de large pour un tirant d’eau de 5,1 mètres. Sa vitesse maximale atteint 29 nœuds, tandis que son autonomie s’étend jusqu’à 45 jours de patrouille avec une capacité de navigation voisine de 7 000 milles nautiques. Ces caractéristiques positionnent ce modèle dans la catégorie supérieure des grandes frégates, avec une taille et une endurance adaptées aux missions régionales et expéditionnaires soutenues.

Le profil opérationnel dévoilé couvre l’ensemble des volets de la guerre maritime. La frégate est conçue pour accomplir des missions anti-aériennes, anti-sous-marines, anti-surface, électroniques et asymétriques, tout en assurant des objectifs de contrôle maritime et de projection de puissance. Elle est également présentée comme capable de défendre les eaux nationales contre des menaces telles que les missiles balistiques tactiques. Outre le combat, la HDF-6000 peut appuyer la surveillance maritime, l’interdiction, la protection des lignes de communication, ainsi que des interventions humanitaires, l’aide en cas de catastrophe, la diplomatie navale et des missions de recherche et sauvetage, que ce soit en temps de paix ou en situation de crise. Cette polyvalence est essentielle pour des marines confrontées à des menaces de haute intensité tout en assurant des tâches quotidiennes de sécurité.

La structure de combat repose sur un système de 48 cellules de lancement vertical, offrant une grande souplesse dans le choix de la charge de missiles embarqués, qu’il s’agisse de défense aérienne, antimissile ou d’attaque. Pour la guerre de surface, le navire est équipé de deux lanceurs inclinés quadruples pour missiles anti-navires. Un canon principal est placé en proue, tandis que la défense rapprochée s’appuie sur un système d’armes à courte portée, complété par deux postes d’armes télé-opérées de 20 mm et quatre positions pour mitrailleuses lourdes destinées à contrer les petites embarcations, menaces asymétriques et cibles de basse altitude.

Le volet anti-sous-marin est assuré par deux lance-torpilles triples. La survie en combat est renforcée par deux lance-leurres, un ensemble de guerre électronique, un détecteur d’alerte laser et une capacité dédiée à la lutte contre les drones, témoignant de l’importance croissante des systèmes aériens sans pilote dans les environnements maritimes actuels.

Le système sensoriel comprend un radar multifonction, un radar de contrôle de tir et un système d’identification ami/ennemi. La couverture électro-optique et infrarouge est assurée par un système de poursuite électro-optique et un capteur infrarouge de recherche et de suivi, offrant des options de détection et d’engagement passives. La connaissance de l’environnement sous-marin repose sur les systèmes HMS et TASS, intégrés dans l’architecture de gestion de combat pour une détection et un suivi multi-couches dans tous les domaines.

Les capacités aéronautiques font partie intégrante du design. Le hangar peut accueillir un hélicoptère MH-60R, un appareil largement employé pour les missions anti-sous-marines et de sécurité maritime. De plus, jusqu’à trois drones aériens S-300 peuvent être déployés, augmentant la portée de surveillance, la localisation des cibles et la flexibilité opérationnelle. L’aménagement laisse aussi une marge pour accueillir deux modules de mission en conteneurs et dispose d’une vaste plateforme supérieure pour de futures installations d’armement ou de capteurs, évolutifs au fil des avancées technologiques.

Pour les décideurs saoudiens, cette offre dépasse l’acquisition de simples bâtiments de guerre. Elle combine une frégate de grande taille et très équipée, avec des capacités de défense antimissile balistique, de frappes profondes, d’opérations aériennes et de guerre multidomaine, tout en visant à renforcer la base industrielle nationale. En associant la livraison des plateformes à la participation locale et au développement des chaînes d’approvisionnement, HD Hyundai Heavy Industries positionne la HDF-6000 non seulement comme un atout opérationnel majeur, mais aussi comme un levier de croissance industrielle maritime à long terme.

Alain Servaes