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Inde et Chine ont convenu mardi de reprendre les vols directs et d’intensifier leurs échanges commerciaux et investissements, dans un contexte de restauration de leurs relations, fragilisées par un affrontement frontalier en 2020. Ces deux géants asiatiques renforcent prudemment leurs liens, face à la politique étrangère imprévisible des États-Unis, multipliant les visites bilatérales de haut niveau.

Ces annonces ont été faites à l’issue de la visite de deux jours du ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, à New Delhi, pour la 24e série de pourparlers avec Ajit Doval, conseiller à la sécurité nationale indien, centrés sur leur différend frontalier de longue date.

Les discussions ont porté sur le retrait des troupes massées des deux côtés de la frontière himalayenne, la délimitation des frontières et la gestion des affaires frontalières, a indiqué le ministère indien des Affaires étrangères, sans donner de détails supplémentaires.

Ces négociations n’ont apparemment pas abouti à des avancées majeures, et Pékin a annoncé que les deux pays se retrouveraient en Chine en 2026 pour poursuivre les échanges.

Cependant, les deux parties se sont accordées pour la reprise des vols directs, la stimulation des échanges commerciaux et des investissements, ainsi que la facilitation simplifiée des visas.

Les vols directs étaient suspendus depuis 2020 en raison de la pandémie de COVID-19. Aucune date précise pour leur rétablissement n’a pour l’instant été communiquée.

« Des relations stables, prévisibles et constructives entre l’Inde et la Chine contribueront significativement à la paix et à la prospérité régionales, ainsi que mondiales », a souligné le Premier ministre indien Narendra Modi sur X, après avoir rencontré Wang Yi.

Modi doit se rendre en Chine à la fin du mois pour participer au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – sa première visite dans le pays depuis plus de sept ans.

Le projet de barrage au Tibet suscite des inquiétudes

Selon un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Yi a indiqué à Ajit Doval que « le développement stable et sain des relations sino-indiennes correspond aux intérêts fondamentaux des peuples des deux pays ».

Les deux parties devraient renforcer la confiance mutuelle par le dialogue et étendre leur coopération, a souligné Wang, en visant un consensus notamment sur le contrôle frontalier et la délimitation des frontières.

De leur côté, les autorités indiennes ont fait savoir que le ministre Subrahmanyam Jaishankar avait exprimé lors de ses échanges avec Wang les préoccupations de l’Inde concernant le méga barrage que la Chine construit sur le fleuve Yarlung Tsangpo au Tibet.

Ce fleuve, qui devient le Brahmapoutre en arrivant en Inde puis au Bangladesh, est une ressource vitale pour des millions de personnes dans ces pays.

L’Inde insiste sur la nécessité d’une transparence maximale liée à ce projet d’envergure, qui pourrait avoir des répercussions sur les États situés en aval.

Les responsables chinois affirment que les projets hydroélectriques au Tibet n’auront pas de conséquences majeures sur l’environnement ni sur les ressources hydriques en aval, mais ces assurances ne dissipent pas les inquiétudes de l’Inde et du Bangladesh.

Par ailleurs, un responsable indien a indiqué mardi que Wang Yi avait assuré Jaishankar que Pékin prenait en compte trois préoccupations clés de l’Inde : les besoins en engrais, en terres rares et en machines pour le forage de tunnels.

À ce stade, les ministères indien des Affaires étrangères et des Mines ainsi que le ministère chinois du Commerce n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.