Lors du sommet entre le Premier ministre indien Narendra Modi et le président russe Vladimir Poutine, les deux pays ont confirmé leur volonté de développer conjointement la fabrication de matériels militaires en Inde, dans le cadre du programme Make-in-India. Cette initiative vise à encourager la production locale de pièces détachées et d’équipements pour l’entretien des armements russes en service dans les forces armées indiennes.
La disponibilité tardive des pièces de rechange russes, indispensable à la maintenance des systèmes d’armement acquis, constituait depuis longtemps une préoccupation majeure pour l’Inde. Les deux parties ont convenu d’encourager la coopération industrielle via le transfert de technologies permettant la production en Inde de composants, agrégats et autres éléments nécessaires à l’entretien des matériels militaires d’origine russe.
Une déclaration commune a précisé que des coentreprises seraient mises en place pour répondre aux besoins des forces armées indiennes, avec une possibilité d’exportation vers des pays tiers amis, renforçant ainsi la collaboration bilatérale dans le secteur de la défense.
Ce partenariat stratégique est également en train d’être réorienté vers la co-développement et co-production de technologies et systèmes de défense avancés, soulignant un niveau accru d’intégration industrielle entre les deux nations.
Lors d’une rencontre le jeudi précédent, le ministre indien de la Défense, Rajnath Singh, et son homologue russe, Andrey Belousov, ont décidé d’approfondir cette coopération bilatérale. L’Inde a exprimé un vif intérêt pour l’achat de nouveaux lots de systèmes de missiles S-400 afin de renforcer ses capacités de combat.
En octobre 2018, New Delhi avait signé un contrat de 5 milliards de dollars avec Moscou pour l’acquisition de cinq batteries de systèmes S-400, malgré les avertissements des États-Unis quant aux sanctions potentielles prévues par la loi CAATSA (Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act).
À ce jour, trois de ces batteries ont déjà été livrées à l’Inde. Les systèmes S-400 ont d’ailleurs joué un rôle essentiel durant l’Opération Sindoor. Par ailleurs, l’Inde envisage également la possibilité d’obtenir les plus récents systèmes S-500.
Les discussions entre Modi et Poutine ont par ailleurs porté sur la simplification des échanges commerciaux bilatéraux via l’utilisation des monnaies nationales. Les deux parties ont convenu de poursuivre les consultations sur l’interopérabilité des systèmes de paiement nationaux, des réseaux de messagerie financière ainsi que des plates-formes de monnaie numérique émise par les banques centrales.
Le Premier ministre indien et le président russe ont salué les progrès dans la négociation d’un accord de libre-échange sur les marchandises entre l’Inde et l’Union économique eurasiatique, un partenariat couvrant plusieurs secteurs d’intérêt commun.
Ils ont également demandé d’intensifier les efforts pour parvenir à un accord mutuellement avantageux sur la promotion et la protection des investissements.
Enfin, les deux pays ont accueilli favorablement les initiatives visant à garantir un approvisionnement à long terme en engrais pour l’Inde et ont discuté de la création possible de coentreprises dans ce domaine.