Fort des performances remarquables du système de défense aérienne S-400 Triumf lors du récent conflit indo-pakistanais, l’Inde envisage d’étendre sa flotte en commandant cinq escadrons supplémentaires auprès de la Russie. Moscou a par ailleurs confirmé la livraison des deux unités restantes de la commande initiale de 2018, prévue pour novembre 2026. Cette expansion, estimée à plus de 5 milliards de dollars, témoigne de l’efficacité redoutable du S-400, capable de neutraliser des cibles pakistanaises de haute valeur à des portées inédites.
Selon un rapport paru dans The Times of India, cette proposition occupera une place centrale lors du sommet entre le Premier ministre indien Narendra Modi et le président russe Vladimir Poutine, prévu le 5 décembre à Moscou. Des sources proches de la Défense ont révélé que l’Armée de l’air indienne (IAF) a officiellement demandé cette augmentation afin de renforcer sa stratégie de défense aérienne multicouche, notamment le long de la frontière ouest, où le S-400 — baptisé Sudarshan Chakra dans l’armée indienne — s’est imposé comme un bouclier infranchissable lors de l’opération Sindoor en mai 2025.
Déployé sur des bases avancées clés comme celle d’Adampur, le système russe a intercepté avec une rigueur implacable les incursions pakistanaises. Le chef de l’IAF, le maréchal de l’air A.P. Singh, s’est exprimé lors de la 16e conférence commémorative L.M. Katre à Bengaluru le 9 août, qualifiant le S-400 de « révolutionnaire » et lui attribuant la destruction d’au moins cinq chasseurs pakistanais de haute technologie, notamment des F-16 et JF-17, ainsi que d’une plate-forme aéroportée d’alerte avancée et de contrôle (AEW&C) de type Erieye.
Le fait d’armes le plus marquant demeure la destruction confirmée à 314 km d’une cible pakistanaise de haute valeur, probablement un appareil de renseignement électronique (ELINT) ou un autre AEW&C, marquant ainsi le « plus long tir réussi jamais enregistré » par un système de missile sol-air au niveau mondial. De plus, le S-400 a neutralisé un missile antinavire d’origine chinoise CM-400AKG (CKG-400M) lancé vers une base aérienne indienne, empêchant ainsi une attaque potentielle contre les installations du S-400.
Le maréchal Singh a souligné : « La portée exceptionnelle de ce système a empêché leurs avions d’utiliser leurs armes, notamment les bombes à plané longue portée ; ils n’ont pu employer aucune de ces munitions car ils n’ont pas réussi à dépasser la défense. » Le système a également dissuadé plus de 50 salves de drones-missiles pakistanais sur 15 sites différents. L’analyse des débris récupérés sur les lieux des interceptions, à Dinga (Pakistan), Amritsar, Pathankot et Bhuj, a permis d’éclairer les profils de lancement pakistanais ainsi que la composition des sous-systèmes chinois.
Les affirmations pakistanaises selon lesquelles un escadron S-400 aurait été détruit à Adampur en « 20 minutes » ont été démenties par des sources de renseignement ouvertes, notamment des images satellites montrant des traces d’entretien courant faussement interprétées comme des dommages de combat.
Le contrat initial de 2018 portant sur cinq escadrons S-400, d’un montant de 5,4 milliards de dollars (environ 40 000 crores INR), avait été freiné par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, retardant la livraison des deux dernières unités initialement prévues pour 2024. Trois escadrons sont aujourd’hui opérationnels, protégeant la région de la capitale nationale et les frontières occidentales. La récente garantie russe de livraisons en novembre 2026 a apaisé les inquiétudes de l’IAF, qui « croise les doigts » pour un déploiement dans les délais.
Chaque escadron comprend deux batteries équipées de 128 missiles répartis en quatre variantes : courte portée (120 km, défense ponctuelle), portée moyenne (200 km), portée étendue (250 km) et longue portée (380 km). Le système est capable de détecter des menaces jusqu’à 600 km et d’engager simultanément des avions de chasse, des missiles balistiques et des drones. En anticipation de menaces prolongées, le ministère de la Défense a autorisé une commande supplémentaire de missiles S-400 d’une valeur de 10 000 crores INR pour reconstituer les munitions utilisées durant l’opération Sindoor et constituer des réserves stratégiques, une première pour ce système en Inde.
Pour renforcer davantage la coopération à long terme, un contrat annuel de maintenance globale (AMC) a été approuvé, avec un engagement russe à établir une installation de Maintenance, Réparation et Révision (MRO) dédiée en Inde, probablement sur le site de Bharat Dynamics Limited à Hyderabad, afin d’assurer un entretien et des modernisations indigènes.