Une image récente montre un soldat d’infanterie arménien équipé d’un gilet pare-balles conçu par SMPP Private Limited, un fabricant indien. Cette observation illustre l’expansion des exportations de défense de l’Inde et met en lumière la robustesse d’un équipement de protection développé localement, en service dans l’armée indienne depuis 2019.
Ce gilet, doté d’une conception modulaire avec plaques balistiques, est capable de résister aux balles perforantes de calibre 7,62×39 mm, offrant une protection de haut niveau qui peut être augmentée par des plaques adaptées selon les besoins opérationnels.
SMPP Private Limited est un acteur majeur de l’industrie indienne de défense, développant ce gilet dans le cadre de l’initiative Atmanirbhar Bharat visant l’autonomie stratégique. Introduit dans l’armée indienne en 2019, ce gilet représente une avancée importante dans les équipements de protection individuelle, surpassant les modèles importés antérieurs souvent sujets à des retards et à des problèmes de qualité.
La caractéristique principale du gilet est sa compatibilité avec des plaques balistiques offrant une protection NIJ de niveau IV contre les munitions intermédiaires comme les 7,62×39 mm perforantes, utilisées notamment dans les AK-47. La menace que représente ce calibre en combat moderne est sérieuse, capable de percer les protections standards. Le SMPP combine des matériaux légers et résistants, tels que le polyéthylène de masse moléculaire ultra-élevée (UHMWPE) et des composites céramiques, garantissant mobilité et sécurité. Pesant entre 10 et 12 kg une fois les plaques insérées, il répartit le poids de manière ergonomique sur le torse, les épaules et l’aine, permettant un port prolongé lors des patrouilles ou opérations.
Ce qui distingue le gilet SMPP, c’est sa modularité : il peut être équipé de plaques plus protectrices contre des menaces spécifiques telles que les munitions de 7,62×51 mm OTAN ou les éclats d’engins explosifs improvisés (EEI). Cette adaptabilité permet aux forces d’ajuster leur niveau de protection en fonction de la nature de la mission, que ce soit en milieu urbain, contre-insurrectionnel ou lors d’escarmouches frontalières. L’adoption par l’armée indienne a suivi des essais rigoureux sous la supervision de la Direction générale de l’assurance qualité (DGQA), avec plus de 150 000 unités commandées lors des premiers lots, marquant une étape majeure d’indigénisation.
La présence du gilet SMPP sur un soldat arménien suscite un vif intérêt dans les cercles militaires, suggérant que l’Inde a réussi à exporter cet équipement en Arménie, pays engagé dans un contexte sécuritaire complexe au Caucase du Sud. Bien qu’aucune confirmation officielle n’ait été communiquée, l’analyse des images récentes issues d’exercices ou déploiements arméniens révèle clairement le marquage SMPP et la configuration caractéristique des plaques sur le soldat.
L’Arménie, confrontée à des menaces d’assauts mécanisés et d’armes légères dans les zones contestées, cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement en défense au-delà des traditionnels partenaires russes. La neutralité de l’Inde ainsi que la fiabilité et le coût compétitif de ses équipements en font un partenaire attrayant. Plusieurs rapports font état d’acquisitions arméniennes récentes en armes légères, munitions et désormais en équipements de protection fabriqués en Inde, renforçant les capacités de l’infanterie locale. La résistance confirmée du gilet SMPP face aux munitions 7,62×39 mm, testée dans des conditions réalistes lors des essais indiens, correspond parfaitement aux besoins arméniens d’une protection abordable et efficace.
Cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération militaire indo-arménienne. L’Arménie a manifesté son intérêt pour des systèmes indiens tels que le missile sol-air Akash ou le missile de croisière BrahMos, avec des discussions à haut niveau portant sur d’éventuelles coentreprises. L’exportation des gilets SMPP, vraisemblablement réalisée via des contrats commerciaux ou bilatéraux, génère à la fois des revenus pour les industries indiennes et confirme la compétitivité mondiale des technologies de défense locales.