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Israël aurait passé plusieurs années à surveiller les déplacements du Guide suprême iranien Ali Khamenei via le réseau de caméras de surveillance du trafic à Téhéran, dans le cadre des efforts de renseignement préparant la frappe ayant conduit à son élimination, rapporte le Financial Times.

Cette opération s’inscrivait dans un cadre plus large d’une action militaire conjointe des États-Unis et d’Israël lancée fin février, qui a déclenché des frappes de missiles et de drones en représailles depuis Téhéran contre Israël, plusieurs bases américaines dans le Golfe ainsi que d’autres zones du Moyen-Orient, exacerbant un conflit que Washington estime pouvoir durer plusieurs semaines.

Selon des sources proches de l’opération citées par le Financial Times, de nombreuses caméras de circulation dans la capitale iranienne avaient été compromises, permettant aux analystes du renseignement israélien d’accéder à distance aux flux vidéo et de suivre les routines quotidiennes des hauts responsables iraniens ainsi que de leurs équipes de sécurité.

Ce travail s’est appuyé notamment sur l’unité de renseignement d’origine électromagnétique israélienne 8200, ainsi que sur des sources humaines recrutées par le Mossad.

Les données recueillies ont ensuite été analysées à l’aide d’outils capables de traiter des milliards de points d’information, intégrant des techniques d’analyse de réseaux sociaux afin d’identifier les relations et les circuits décisionnels.

Cette synthèse a permis de déterminer précisément quand Khamenei se trouverait dans ses bureaux situés rue Pasteur à Téhéran et quelles personnes seraient présentes à une réunion prévue le matin de la frappe.

Surveillance détaillée des équipes de protection

Le Financial Times révèle que les analystes israéliens ont exploité les images des caméras de circulation pour dresser des profils détaillés des membres des équipes de protection, incluant leurs adresses résidentielles, leurs horaires de travail, leurs itinéraires quotidiens ainsi que les personnalités placées sous leur garde.

En croisant ces différentes informations, ils ont pu reconstituer ce que les services de renseignement appellent un « pattern of life » (schéma de vie), permettant de suivre les déplacements et d’identifier quels officiels se trouvaient dans quels véhicules ou à quels endroits précis dans la capitale iranienne.

Une caméra installée surplombant le complexe gouvernemental de la rue Pasteur offrait une vue dégagée sur une zone où les membres de la sécurité stationnaient régulièrement leurs véhicules personnels.

Par ailleurs, le renseignement israélien a vraisemblablement perturbé certains éléments de plusieurs antennes relais de téléphonie mobile à proximité de la rue Pasteur, provoquant l’affichage d’un signal « occupé » sur les téléphones environnants et empêchant potentiellement l’envoi de messages d’alerte aux équipes de sécurité de Khamenei avant son assassinat.