Iveco Group NV est en négociations avancées pour céder sa division défense, Iveco Defence Vehicles (IDV), à Leonardo SpA. Cette opération, qui s’inscrit dans les intérêts stratégiques du gouvernement italien, pourrait également faciliter la vente de la branche véhicules commerciaux d’Iveco à l’indien Tata Motors Ltd. Selon des sources proches du dossier, le groupe italien de défense basé à Rome et Iveco, contrôlé par la famille Agnelli, pourraient parvenir à un accord global dans les prochaines semaines si les discussions se déroulent sans accroc. Parallèlement, la holding d’investissement de la famille Agnelli, Exor NV, mène des pourparlers avancés pour céder le reste du constructeur de poids lourds à Tata Motors, propriétaire de Jaguar Land Rover, marquant un possible bouleversement dans le paysage européen des véhicules commerciaux.

La préférence du gouvernement italien pour Leonardo comme acquéreur s’explique par une offre conjointe avec l’allemand Rheinmetall AG, garantissant que les activités militaires d’IDV restent sous contrôle national. Cet alignement correspond à la législation italienne dite du “golden power”, qui permet à Rome d’intervenir dans les transactions portant sur des actifs stratégiques, comme en atteste le blocage en 2021 d’une offre de FAW, constructeur chinois, pour Iveco. La propriété italienne de Leonardo, renforcée par ses coentreprises déjà établies avec Rheinmetall, ainsi qu’un contrat de 23 milliards d’euros portant sur la construction de 1 050 véhicules de combat d’infanterie pour l’armée italienne, en font un candidat politiquement favorable. Selon les sources, obtenir l’accord de Rome pour la cession de la branche défense pourrait faciliter le feu vert réglementaire pour la transaction distincte avec Tata, malgré la nationalité étrangère de ce dernier.