Alicia Kearns, députée britannique, a lancé un avertissement aux ministres sur les risques systémiques que fait peser la Chine sur les infrastructures du Royaume-Uni, le milieu académique et la mobilité dans le domaine de la défense. Elle a notamment soulevé des inquiétudes concernant des « interrupteurs de sécurité à double usage dans des bus électriques chinois » ainsi que des puces installées dans des véhicules du ministère de la Défense, obligeant le personnel « à garder le silence lors de leurs déplacements sur le territoire national. »
Kearns a déclaré que le Royaume-Uni fait face à « une liste sans cesse croissante d’actions menées par le Parti Communiste Chinois, intervenant dans nos affaires souveraines et tentant de saper notre démocratie et notre pays. » Se référant aux alertes émises par la Norvège et le Danemark concernant des fonctions d’arrêt à distance intégrées dans des bus fabriqués en Chine, elle a demandé au gouvernement de faire un point sur l’enquête concernant les systèmes de transport britanniques.
Elle a également exigé des éclaircissements sur les composants installés dans les véhicules militaires, mettant en garde contre les vulnérabilités potentielles qui pourraient compromettre la sécurité opérationnelle et personnelle des militaires.
L’élue a lié cette problématique à des cas de coercition sur les campus britanniques. En évoquant l’affaire de l’université de Sheffield Hallam, elle a affirmé que les services chinois de sécurité avaient « fait du chantage » à l’établissement afin d’obtenir l’annulation d’une recherche sur le travail forcé des Ouïghours. Elle a demandé une mise à jour sur l’enquête policière en cours et jugé l’engagement gouvernemental auprès des présidents d’université « inadapté », dénonçant une réaction « naïve et intransigeante » de la part des établissements.
Kearns a critiqué la faiblesse des mesures dissuasives mises en œuvre par les ministres. Elle a rappelé qu’après l’abandon du dossier impliquant le chercheur parlementaire Christopher Cash, le gouvernement n’avait adressé à Pékin que « le traditionnel rappel à l’ordre rhétorique. » Elle a aussi évoqué les menaces visant l’activiste Chloe Chung et s’est interrogée sur la tenue prévue de visites ministérielles en Chine.
Son argument principal est que le gouvernement dispose des outils nécessaires mais ne les utilise pas pleinement. Elle a donc exhorté les ministres à placer la Chine dans la catégorie renforcée du régime d’enregistrement des influences étrangères, à annuler les prochains pourparlers commerciaux bilatéraux et à envisager l’application de sanctions.
Répondant au nom du gouvernement, Dan Jarvis a reconnu la gravité de la menace et défendu le paquet de mesures annoncé plus tôt dans la journée. Il a présenté ces dispositions couvrant les risques économiques, académiques, cybernétiques et d’espionnage comme un « ensemble complet » et a promis des actions supplémentaires si nécessaire. Jarvis a annoncé que la coordination serait assurée dans le cadre d’un nouveau plan de lutte contre les ingérences politiques et l’espionnage, piloté par la Cabinet Office, et a souligné les investissements dans des capacités souveraines de chiffrement et le soutien au contre-espionnage.
Il a insisté sur le fait que le gouvernement avait achevé le retrait des équipements de surveillance chinois des sites sensibles, mettant en lumière la nouvelle Loi sur la cybersécurité et la résilience. Concernant le régime d’enregistrement des influences étrangères, il a précisé que « le gouvernement examine de près » l’ajout de la Chine dans le palier renforcé mais qu’aucune « décision n’a encore été prise. »
Jarvis a défendu la poursuite des contacts ministériels avec Pékin, arguant que le dialogue direct est nécessaire pour délivrer « des messages forts et cohérents. » Il a refusé de commenter l’affaire de Sheffield Hallam tant que l’enquête est en cours, ajoutant que la sécurité nationale reste un critère primordial dans la décision concernant le nouveau site de l’ambassade chinoise.
Il a conclu en assurant une collaboration continue avec les députés qui soulèvent ces questions, affirmant que le gouvernement prendra « des choix difficiles » quand cela sera nécessaire pour protéger la sécurité nationale.