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La Défense indienne franchit une nouvelle étape majeure avec la présentation des capacités du missile sol-air hypersonique Kusha, développé par le Defence Research and Development Organisation (DRDO). Conçu pour intercepter des missiles balistiques à moyenne portée (IRBM) à des vitesses dépassant Mach 5,5 et à une distance maximale de 350 km, ce système promet de renforcer significativement la défense antimissile nationale, en rivalisant avec des systèmes internationaux tels que le russe S-500.

Révélé lors de simulations et de validations de sous-systèmes au Research Centre Imarat (RCI) de Hyderabad, le missile Kusha affiche des performances impressionnantes. À une portée intermédiaire de 120 km, il maintient une vitesse hypersonique permettant une neutralisation rapide des menaces, notamment des missiles de croisière à basse altitude ou des intrusions furtives. À son maximum de 350 km, il peut engager une cible en environ sept minutes, un délai crucial pour les interceptions sensibles dans des contextes de tension élevée. Un porte-parole du DRDO a précisé que « l’enveloppe énergétique de Kusha couvre toute trajectoire balistique jusqu’à 3 000 km, avec des vitesses de rentrée atmosphérique jusqu’à 4 km/s », soulignant l’utilisation d’un moteur-fusée à propergol solide à double impulsion et d’un système de poussée vectorielle pour les corrections en phase de vol.

Cette capacité d’interception de missiles balistiques est d’autant plus stratégique dans le contexte des tensions le long de la Ligne de Contrôle Actuelle (LAC), où les missiles chinois DF-21D, surnommés « tueurs de porte-avions », et les IRBM pakistanais Shaheen-II représentent des menaces majeures. Kusha est conçu pour engager des ogives balistiques à des altitudes pouvant atteindre 30 km, grâce à un véhicule de combat innovant équipé de capteurs radiofréquences et infrarouges intégrés, offrant un guidage terminal résistant au brouillage et toutes conditions météorologiques. Ce mode d’interception « hit-to-kill », dérivé de la technologie Akash-NG, garantit un taux de réussite interne estimé entre 80 et 90 % contre des ogives en manœuvre. Contrairement aux intercepteurs cinétiques traditionnels qui reposent sur une fragmentation explosive, l’impact direct de Kusha limite la dispersion de débris, protégeant ainsi les systèmes et régions environnants.

Outre les menaces exo-atmosphériques, Kusha peut aussi cibler des appareils aérodynamiques tels que les avions de combat, les missiles de croisière supersoniques, et même certains véhicules hypersoniques à plané. L’interface « zone sans échappatoire » s’étend entre 300 et 350 km, offrant une couverture avancée. Le porte-parole du DRDO a ajouté : « Pour des cibles agiles telles que les multiplicateurs de force, Kusha réduit constamment l’écart, tirant parti de sa vitesse Mach 5,5 pour assurer la maîtrise lors de la phase finale d’engagement. » La variante M3, la plus avancée du programme, dispose d’un rayon d’action de 350 à 400 km et s’intègre parfaitement avec des radars multifonctions comme le Swordfish Long Range Tracking Radar. Ce système peut être dirigé grâce à des données provenant d’AWACS ou de stations au sol, assurant ainsi une approche multi-couches efficace.

Développé avec un budget de 40 000 crore INR en collaboration avec Bharat Electronics Limited (BEL) et des partenaires privés tels que Solar Industries, le projet Kusha comprend trois versions d’intercepteurs : M1 (150 km), M2 (250 km) et M3 (350 km). Des avancées récentes concernant le moteur M2, une unité compacte à forte poussée équipée de canisters amortissants et de glissières d’éjection intelligentes, laissent présager un début de production dès 2028, avec des essais utilisateurs prévus à Pokhran en 2027. Le design modulaire, basé sur des moteurs d’un diamètre de 250 mm, assure une évolutivité : des versions futures pourraient atteindre 500 km, ciblant des menaces de type ICBM.

Cette avancée intervient à un moment charnière pour la défense aérienne indienne. Tandis que les escadrons S-400 consolidés le flanc ouest, Kusha vient combler le manque d’une solution indigène, réduisant ainsi les importations de systèmes étrangers jusqu’à 90 %. Comme l’a souligné l’Air Chief Marshal A.P. Singh lors d’un briefing récent : « Les défenses hypersoniques ne sont pas une option, elles sont existentielles. » Dans un contexte de menaces renouvelées, notamment avec les avions de 5e génération chinois J-20 et les essaims de drones pakistanais après l’opération Sindoor, la capacité d’interception en sept minutes que propose Kusha pourrait bien faire la différence entre une violation et un barrage efficace.