Dans le cadre de l’exercice Pegasus Charge, s’inscrivant dans l’initiative « Transforming in Contact » de l’Armée américaine visant à moderniser ses formations blindées, les soldats du 2e Brigade Combat Team Blindée de la 1re Division de Cavalerie ont réalisé, le 15 septembre, le premier tir réel au Fort Hood avec le système de munition en vol stationnaire Switchblade 600.
Le Switchblade 600, un système aérien sans pilote lancé par tube, est déjà largement utilisé par les forces spéciales, des unités d’infanterie légère et des partenaires étrangers. La 1re Division de Cavalerie figure parmi les premières unités blindées à déployer ce système.
« C’est la première fois que tous nos soldats assistent à un tir de ces munitions, et l’excitation est palpable », a déclaré le capitaine Jeffrey Weller, commandant de la troupe de reconnaissance multifonctionnelle du 2e Brigade Combat Team Blindée. « Le Switchblade permet à la brigade d’atteindre des cibles avec une grande précision, à une distance comprise entre 5 et 15 kilomètres devant notre ligne avant, étendant ainsi notre portée opérationnelle et notre puissance de feu. »
La modernisation du combat
L’initiative Transforming in Contact de l’Armée vise à réorganiser les modes d’engagement des unités blindées en intégrant des technologies innovantes, notamment les drones et les communications avancées.
« Un constat majeur observé sur de nombreux champs de bataille, notamment en Ukraine, est la modernisation rapide et l’usage intensif des drones », a expliqué le capitaine Weller. « Nous tirons les leçons de ces expériences pour renouveler nos systèmes aériens sans équipage et garder une longueur d’avance sur nos adversaires. »
D’une longueur d’environ 1,5 mètre pour un poids de 34 kg, le Switchblade 600, alimenté par batterie, ressemble à un drone mais embarque une tête militaire polyvalente similaire à celle du missile Javelin. Il dispose d’une autonomie de vol de 40 à 45 minutes, avec une portée maximale atteignant 43 kilomètres, et transporte une charge explosive de 2,3 kg.
« Il s’agit d’un missile télécommandé qui vole comme un drone jusqu’à sa cible », a expliqué un superviseur des opérations de vol chez le fabricant. « L’opérateur utilise les caméras embarquées pour identifier, sélectionner et engager la cible. »
Après son lancement depuis un tube, le Switchblade peut suivre des points de passage, stationner au-dessus de la zone ciblée et frapper avec précision. L’opérateur conserve aussi la possibilité d’interrompre l’attaque en vol si la situation évolue.
« Le Switchblade nous permet de viser des véhicules ou de petits groupes à une distance beaucoup plus grande qu’auparavant », a précisé le capitaine Weller. « Cela accroît notre létalité, réduit les dommages collatéraux et protège nos soldats en première ligne. »
Avant l’exercice de tir réel, les soldats ont suivi un stage d’entraînement de cinq jours avec le fabricant, où ils ont appris à préparer, armer et programmer les drones pour les missions de vol et d’attaque.
Le spécialiste Drake Cross, opérateur de Switchblade ayant précédemment piloté les drones RQ-7 Shadow et RQ-28 Quadcopter pour la division, a souligné qu’il s’agissait de sa première expérience avec un système aérien sans pilote porteur de munition.
« Jusqu’à présent, tout ce que j’ai piloté servait uniquement pour la reconnaissance et l’acquisition de cibles », a-t-il déclaré. « C’est le premier système qui me permet de délivrer un tir effectif. C’est excitant car cela sauve des vies en frappant les cibles sans nous exposer au danger. »
Il a décrit le fonctionnement du système comme intuitif et comparable à d’autres plateformes de drones : « La courbe d’apprentissage est faible. Une fois la cible identifiée et verrouillée, on peut ajuster la trajectoire jusqu’à l’impact pour garantir un tir précis. »
Perspectives
Le capitaine Weller a précisé que le Switchblade constitue un exemple parmi d’autres des transformations opérées par l’initiative Transforming in Contact au sein des unités blindées de la 1re Division de Cavalerie. Il a également indiqué que le système sera utilisé lors de leur prochaine rotation au National Training Center de Fort Irwin, en Californie.
« Le champ de bataille évolue constamment, et l’Armée doit se moderniser pour suivre ce rythme », a-t-il conclu. « Voir le Switchblade en action nous donne une idée de la manière dont nos formations combattront à l’avenir. C’est une étape majeure pour renforcer la sécurité et l’efficacité de nos soldats. »