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La Chine a vivement critiqué le projet japonais de déployer des missiles sur une île proche de Taïwan, qualifiant cette initiative d’une tentative délibérée de créer des tensions régionales et de provoquer une confrontation militaire, alors que les relations diplomatiques entre les deux pays traversent une crise majeure.

Ces commentaires, formulés le 24 novembre, interviennent dans un contexte tendu, marqué par la déclaration de la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, affirmant qu’une éventuelle attaque chinoise contre Taïwan, gouverné démocratiquement, pourrait entraîner une réponse militaire de la part de Tokyo.

Selon Mao Ning, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, « les forces souverainistes au Japon entraînent le pays et la région vers une catastrophe », lors d’une conférence de presse régulière. Elle a ajouté que Pékin reste déterminé et capable de sauvegarder sa souveraineté territoriale nationale.

Le 23 novembre, le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, avait précisé que les plans avançaient pour le déploiement d’un système de défense sol-air à moyenne portée sur une île japonaise située à environ 110 kilomètres à l’est de la côte taïwanaise, en référence à l’île de Yonaguni.

Île de Yonaguni

Le ministère chinois a qualifié cette décision de « extrêmement dangereuse » et a appelé à une vigilance accrue des pays voisins et de la communauté internationale, notamment dans le contexte des propos précédents de Sanae Takaichi.

Outre les critiques officielles, la Chine a riposté via ses médias d’État en interdisant certains produits de la mer japonais, en suspendant les sorties de films japonais, et en déconseillant à ses citoyens de se rendre au Japon.

Mi-novembre, le ministère chinois de la Défense avait menacé Tokyo d’une « défaite militaire écrasante » en cas d’intervention armée dans le dossier taïwanais.

Pékin considère Taïwan comme une partie intégrante de son territoire et n’exclut pas le recours à la force pour le contrôler, contre l’avis du gouvernement taïwanais qui affirme que seul le peuple de l’île peut décider de son avenir.

Le 24 novembre à Taipei, François Wu, vice-ministre taïwanais des Affaires étrangères, a déclaré aux parlementaires que le Japon, en tant que nation souveraine, avait le droit de prendre les mesures nécessaires à la sécurité de son territoire, soulignant la proximité géographique de Yonaguni avec Taïwan.

Il a ajouté que « le renforcement des installations militaires japonaises concernées est essentiellement utile pour maintenir la sécurité dans le détroit de Taïwan », précisant que « cela sert également nos intérêts nationaux, car le Japon ne nourrit aucune ambition territoriale ni hostilité envers Taïwan ».

Le 23 novembre, Shinjiro Koizumi avait expliqué que le déploiement des missiles visait à protéger l’île de Yonaguni, ajoutant : « Nous pensons que la présence de cette unité réduira les risques d’attaque armée contre notre pays ».