En février 2024, l’Armée américaine a conclu le programme FARA (Future Attack Reconnaissance Aircraft), lancé six ans auparavant pour remplacer ses hélicoptères de reconnaissance et d’attaque AH-64D Apache et OH-58D Kiowa. Ce programme répondait notamment à l’impact de la guerre en Ukraine, qui a mis en lumière la place prépondérante des drones sur le champ de bataille.
Au moment de la finalisation du programme FARA, deux appareils au design radicalement différent étaient encore en compétition : le Sikorsky Raider X, filiale de Lockheed Martin, et le Bell 360 Invictus.
De manière générale, l’hélicoptère proposé par Bell intégrait des technologies développées pour le Bell 525 Relentless. Équipé de commandes de vol électriques (fly-by-wire) et d’une avionique fournie par Collins Aerospace, il devait atteindre des vitesses supérieures à 185 nœuds et disposer d’une autonomie de 135 milles nautiques, avec une capacité à rester en zone pendant 90 minutes. Malgré son apparence futuriste, son architecture restait relativement conventionnelle.
Quant au Raider X, son design bénéficiait des avancées réalisées par Sikorsky avec le S-97 Raider et le X2, notamment un rotor coaxial contrarotatif associé à une hélice propulsive. Propulsé par un moteur YT706 de 2600 chevaux fourni par GE Aviation, il devait atteindre des vitesses d’environ 200 nœuds.
Il semblerait que ce design du Raider X ait attiré l’attention de la Chine. Selon des photographies diffusées sur les réseaux sociaux, un prototype chinois arborerait une conception presque identique à celle de l’appareil américain, ou du moins à celle du S-97 Raider qui sert de base d’inspiration. La ressemblance est telle qu’il serait difficile de distinguer les deux appareils sur des clichés.

Le nouvel hélicoptère chinois.

Des photographies du prototype chinois circulaient déjà en avril sur le réseau social Weibo avant d’être relayées sur X.com. Cette publication coïncide avec d’autres annonces concernant de nouvelles armes que l’Armée populaire de libération (APL) prévoit de présenter lors d’un défilé militaire organisé le 3 septembre à Pékin.
« Tous les armements et équipements participant au défilé ont été sélectionnés parmi les principaux systèmes de combat actuellement en service actif et de production nationale, et une grande partie des nouveaux matériels seront présentés pour la première fois », a déclaré la semaine dernière le général Wu Zeke, du Département de l’État-Major interarmées de la Commission militaire centrale. « Armes stratégiques, bombardiers, chasseurs, systèmes hypersoniques et équipements anti-drones », a-t-il ajouté sans fournir plus de détails.
Pour le général Wu, ce défilé sera surtout l’occasion de « démontrer pleinement la puissante capacité de l’APL à remporter une guerre moderne » et à « sauvegarder la paix mondiale ».
Cependant, ce n’est pas la première fois que l’industrie chinoise s’inspire étroitement d’un hélicoptère occidental. Ce fut notamment le cas du Z-8, largement inspiré du Super Frelon français, puis plus récemment du Harbin Z-20, qui présente de nombreuses similitudes avec le Sikorsky UH-60 Black Hawk.
Cela dit, concevoir un appareil est une chose, mais il faut également parvenir à assurer ses performances, ce qui nécessite un important effort de développement en matière d’avionique, de moteur et même de commandes de vol.
Laurent Lagneau