La Corée du Sud a annoncé la dissolution de son Commandement militaire de contre-espionnage à la suite du rôle joué par cette unité lors de la tentative manquée d’instauration de la loi martiale par l’ancien président Yoon Suk Yeol en 2024. Cette décision marque la fin de près de 50 ans d’existence pour cette entité du ministère de la Défense.
Les fonctions principales du commandement sont désormais réparties entre plusieurs organismes nouveaux et existants, dans le but de limiter la concentration des pouvoirs au sein du renseignement militaire, selon les médias locaux. Cette réforme fait suite aux recommandations publiées en janvier 2026 par un panel consultatif civil et militaire, qui préconisait de scinder les « pouvoirs excessifs » détenus par l’unité et d’arrêter ses activités de surveillance controversées.
La pression sur ce commandement s’est intensifiée après que celui-ci a déployé des soldats au sein de l’Assemblée nationale et de la Commission électorale nationale, tout en contribuant à la mise en place d’équipes chargées de détenir des hommes politiques lors de la tentative de mise en place de la loi martiale.
Réorganisation
Dans le cadre de cette nouvelle stratégie, un QG de contre-espionnage de la défense fraîchement créé prendra en charge les missions liées à l’anti-espionnage, au renseignement sur l’industrie de la défense ainsi qu’à la cybersécurité.
Parallèlement, les audits de sécurité et les enquêtes sur les violations au sein des unités majeures seront confiés à un nouveau Groupe de soutien à la sécurité de la défense, tandis que les enquêtes en matière de sécurité nationale, comme celles menées conjointement sous des scénarios de loi martiale, seront transférées au siège des enquêtes du ministère.
Cette réforme retire également au commandement des prérogatives qui étaient traditionnellement liées à son influence, notamment la surveillance du personnel militaire, la collecte de données personnelles ou encore la conduite d’opérations sans lien direct avec le contre-espionnage, telles que les enquêtes sur la corruption.
Une transition achevée d’ici juillet
Les autorités ont annoncé la mise en place de mesures de contrôle renforcées, incluant un inspecteur général externe, un comité civil de conformité ainsi que des rapports réguliers adressés à l’Assemblée nationale.
Le ministère prévoit également une législation encadrant précisément l’étendue des activités de contre-espionnage et prévoyant des sanctions en cas d’abus.
Le gouvernement sud-coréen vise l’achèvement complet de cette transition d’ici la fin du mois prochain.
Ahn Gyu-back, ministre de la Défense, a qualifié cette réforme de « tournant historique » :
« Cette réorganisation du Commandement militaire de contre-espionnage dépasse une simple adaptation organisationnelle ou fonctionnelle. C’est un point de rupture décisif pour bâtir une ‘armée au service du peuple’ en restructurant à la fois l’organisation et ses missions, afin que nos services de renseignement militaire ne puissent plus jamais s’ingérer dans la politique. »