La Corée du Sud examine la possibilité de rejoindre un mécanisme de l’OTAN destiné à financer l’achat d’armes pour l’Ukraine, selon des sources diplomatiques rapportées par la presse sud-coréenne. Des discussions sont en cours avec l’Alliance sur les formes potentielles de soutien.
Le dispositif envisagé est le Prioritized Ukraine Requirements List (PURL), par lequel les pays participants contribuent financièrement à l’acquisition et à la livraison d’armes et de matériel militaire en provenance des États-Unis vers Kyiv.
Un responsable du ministère des Affaires étrangères de Séoul a indiqué que la politique actuelle de la Corée du Sud se concentre sur l’aide humanitaire et le soutien militaire non létal, sans préciser si la participation au programme est envisagée.
Le PURL a été lancé en juillet dernier par les États-Unis et l’OTAN afin d’accélérer les livraisons d’équipement à l’Ukraine en mutualisant les contributions financières des alliés, plutôt que de négocier des achats nationaux séparés.
Les alliés et partenaires ont déjà engagé plus de 4 milliards de dollars à travers ce mécanisme, qui a permis de financer plusieurs livraisons d’armement, notamment des missiles de défense aérienne comme les intercepteurs Patriot.

Obusiers automoteurs sud-coréens K9. Photo : Wikimedia Commons
Intégrer le programme PURL consoliderait également la volonté de Séoul de renforcer sa coopération en matière de défense avec les pays européens et d’autres membres de l’OTAN.
Ces dernières années, la Corée du Sud a déjà considérablement accru ses exportations d’armement vers l’Europe. Ses accords avec la Pologne, d’une valeur de plus de 12 milliards de dollars, ont permis la livraison de chars de combat K2, d’obusiers automoteurs K9 et d’avions de chasse FA-50.
D’autres nations européennes, telles que la Norvège, la Roumanie et la Finlande, sont par ailleurs en phase d’évaluation des systèmes de défense coréens pour leurs forces armées.
De plus, le pays asiatique a proposé en mai dernier une gamme étendue de systèmes de défense au Canada, incluant des sous-marins, des avions d’entraînement, des obusiers et des lance-roquettes.
Selon la presse sud-coréenne, le projet canadien de sous-marins constitue l’une des opportunités de vente d’armes les plus importantes pour Séoul, estimée à environ 60 000 milliards de wons (environ 41 milliards de dollars).
Cette initiative pourrait cependant aggraver les tensions avec la Russie, dont les relations avec la Corée du Sud se sont détériorées depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.
Les frictions sont également nourries par la coopération militaire croissante de la Russie avec Pyongyang, notamment la présence rapportée de troupes nord-coréennes engagées aux côtés des forces russes en Ukraine.