Face à une menace aéronavale croissante en provenance du Pakistan, l’Armée de l’air indienne (IAF) intensifie le renforcement de ses systèmes de défense aérienne le long de la côte ouest, de Gujarat à Maharashtra. Ce déploiement stratégique vise à protéger les infrastructures clés et à contrer d’éventuelles incursions par la mer, suscitées par des analyses de renseignement faisant état de tentatives pakistanaises pour contourner les défenses terrestres.
Après les affrontements aériens de l’Opération Sindoor en mai 2025, durant lesquels les tentatives de la Force aérienne pakistanaise (PAF) d’atteindre des villes majeures comme Amritsar et Jammu ont été repoussées, les responsables indiens jugent désormais probable un changement de tactique côté pakistanais. Selon des sources internes à l’IAF, la PAF pourrait recourir à des raids à basse altitude, en frôlant la surface de la mer d’Arabie, afin d’échapper aux radars terrestres et aux réseaux de défense aérienne.
Cette évolution imposera des adaptations importantes : les armes de frappe à distance de la PAF, telles que les missiles de croisière Ra’ad, se sont avérées inefficaces face aux batteries russes S-400 Triumf et aux régiments indiens Akash. Ces derniers bénéficient d’une modernisation accélérée pour renforcer la protection côtière.
Des batteries supplémentaires de missiles Akash et MRSAM (Missile sol-air à moyenne portée) sont en cours d’installation sur des points névralgiques, notamment à Porbandar, Daman et dans les bases aéronavales de Mumbai. Ces batteries sont couplées à des systèmes de surveillance avancés, incluant des avions AWACS Phalcon modernisés et des essaims de drones, permettant une couverture radar étendue jusqu’à 200-300 km dans le golfe d’Arabie. L’objectif étant de créer une véritable zone d’exclusion aérienne protectrice.
Cette montée en puissance répond à la vulnérabilité dévoilée pendant l’Opération Sindoor où la PAF a démontré sa volonté de compenser ses échecs terrestres par une menace maritime accrue, d’autant que le Pakistan a récemment intégré des avions J-10C, renforçant ses capacités tactiques.
Des propos belliqueux relevés récemment dans les rangs militaires pakistanais, notamment lors d’une intervention à Lahore d’un ancien général réputé pour son discours dur, ciblent clairement des objectifs stratégiques indiens. Parmi eux, la raffinerie de Jamnagar, opérée par Reliance Industries, qui avec une capacité de 1,24 million de barils par jour est la plus grande au monde. Située à seulement 50 km de la côte du Gujarat, Jamnagar est désormais dans la portée des missiles de croisière lancés depuis la mer, ce qui a entraîné un renforcement des patrouilles aériennes et des interceptions similaires au système Patriot dans la région.
Cette montée en puissance n’est pas un effort isolé mais s’intègre dans un programme de modernisation de la défense aérienne évalué à plus de 50 000 crores de roupies. Il inclut notamment le Projet Kusha mené par le DRDO, visant à développer des missiles sol-air longue portée indigènes d’ici 2028.
Un haut responsable de l’IAF a résumé la situation en ces termes : « La mer d’Arabie n’est plus un sanctuaire pour les forces agressives. » Ce constat se reflète dans les exercices conjoints menés avec la marine indienne, comme Tropex-25, qui ont simulé des menaces provenant d’aéronefs embarqués similaires à un porte-avions hypothétique INS Vikrant.