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La réorganisation de la défense aérienne terrestre au sein de l’armée de terre allemande suscite un regain d’intérêt après plus d’une décennie d’inactivité. La troupe d’autodéfense antiaérienne, dissoute en 2012, va être reconstituée en tant que branche à part entière, même si ce processus sera long et complexe, loin des discussions superficielles telles que l’introduction éventuelle d’un insigne spécifique.

Le point sur la situation : un porte-parole de l’armée de terre a confirmé la décision prise début avril par le chef d’état-major de l’armée de terre, Alfons Mais, de recréer cette arme dédiée à la défense aérienne. Le site initial choisi pour cette nouvelle formation sera Lüneburg, avec une mise en place progressive prévue d’ici 2028.

Le premier matériel est déjà commandé : en février, un contrat a été signé avec Rheinmetall pour la livraison de 18 unités du système mobile de défense aérienne Skyranger 30, ainsi qu’un prototype. La date de livraison annoncée concerne uniquement ce dernier, attendu d’ici la fin de l’année.

Au-delà de l’équipement, la recrudescence des effectifs et leur formation restent des enjeux essentiels. Depuis la dissolution de cette troupe, il ne reste qu’un nombre limité de soldats expérimentés dans ce domaine, ce qui explique la durée du calendrier fixé jusqu’en 2028.

En termes d’organisation, la défense aérienne terrestre sous responsabilité de l’armée de terre sera chargée de la protection mobile à courte portée (short range), tandis que la défense à moyenne portée (medium range) demeurera sous le contrôle de l’armée de l’air, dans le cadre du système conjoint de défense anti-aérienne rapprochée (Nah- und Nächstbereichsschutz).

Un exposé réalisé fin 2023 précise que l’emploi conjoint du Skyranger par l’armée de terre et de l’Iris-T SLM par l’armée de l’air devrait fonctionner sur un principe similaire à celui de la coopération passée entre le système Gepard (canon automoteur) et le système Roland (missile sol-air) : en opération, des unités mixtes sont formées, ce qui permet une complémentarité idéale entre les composants moyenne portée et courte portée. Les systèmes de conduite de tir et de détection sont utilisés en commun.

Par ailleurs, le système léger de défense aérienne Ozelot, basé sur le véhicule Wiesel et appartenant à l’armée de l’air, devrait rester sous leur contrôle. Ce système, qui commence à être mis hors service dans le cadre de l’arrivée des unités équipées du système IRIS-T SLM et du système LVS NNbS, est principalement employé actuellement lors des exercices en raison de son nombre limité. Un transfert à l’armée de terre n’est donc pas prévu, selon un porte-parole de l’armée de l’air.

(Photo d’archive novembre 2002 : canon automoteur antiaérien Gepard 1A2 (arrière) et système de missile sol-air Roland sur le camp d’entraînement de Munster – Thomas Imo/photothek.de)